Fonds Alfred Dreyfus

Fonds Alfred Dreyfus

Plus de 3 000 documents historiques et familiaux sur Alfred Dreyfus et l'Affaire issus du don des petits enfants du capitaine

Le musée d’art et d’histoire du Judaïsme est détenteur d’un important ensemble d’archives visuelles et écrites relatives à la famille d’Alfred Dreyfus et à l’Affaire. En 2016, 3 350 pièces (manuscrits, lettres et télégrammes, photographies, souvenirs familiaux, pièces officielles, livres, cartes postales, affiches, etc.) inventoriées dans la collection forment le Fonds Dreyfus. En outre, la Bibliothèque du MAHJ dispose de plus de 300 ouvrages évoquant directement ou indirectement l’Affaire, dont la majorité sont des publications majeures parues entre 1894 et 1935.

Historique de la constitution du Fonds Dreyfus

Initialement composé de caricatures et de photographies de presse iconographique offertes par Georges Aboucaya en 1991 et 1996, puis élargi par d’autres dons et achats ultérieurs, le Fonds Dreyfus est devenu une collection à part entière en 1997, grâce au don exceptionnel des petits enfants du capitaine Dreyfus qui constitue désormais l’essentiel du fonds. Comportant 2 571 pièces inventoriées par l’historien Philippe Oriol sous la cote 97.17, ce don a non seulement contribué de façon majeure et décisive à la présence de l’Affaire Dreyfus au sein des collections permanentes mais il est également l’apport le plus significatif aux collections historiques du musée depuis sa création. De 1999 à 2006, des dons (dont ceux de Gilbert et Claude Schil, de Théo Klein, de Norbert Ducrot-Granderye et de Jean Barthélémy) et des achats ont complété l’ensemble des archives Dreyfus.

Description du Fonds Dreyfus

Alfred Dreyfus,
Cinq années de ma vie, 1901
Texte revu et amendé par l'auteur

Alfred Dreyfus,
Cinq années de ma vie, 1901
Texte revu et amendé par l'auteur

Beaucoup de pièces sont essentielles tant pour leur intérêt historique que pour le témoignage qu’elles nous livrent sur le martyre de Dreyfus et sur la solidarité d’une famille qui mobilisa toute son énergie pour faire éclater l’innocence du condamné. Parmi elles, citons sept registres tenus par les gardiens de l’île du Diable, l’inhumaine consigne qu’un gardien conserva et offrit au Capitaine, les autorisations données à Lucie, à l’île de Ré, de voir une dernière fois son mari et, à Rennes, de le revoir après cinq ans de captivité, accompagnées de la lettre qu’elle lui écrivit après leurs retrouvailles ; l’original de la superbe lettre de Dreyfus à son épouse, du 31 janvier 1895, dans laquelle il lui dit toutes ses souffrances et s’interdit de mourir tant que son innocence ne sera pas reconnue ; deux bouleversantes lettres de Mathieu, écrites au lendemain de la dégradation, qui engagent Alfred Dreyfus à vivre et à lutter et lui promettent de tout mettre en œuvre pour qu’il revienne, libre et innocent de tout crime ; la citation à témoins adressée à Lucie Dreyfus à l’occasion du procès Zola ; le câblogramme annonçant à Dreyfus que sa condamnation a été cassée, et la liste des témoins établie par le commissaire du gouvernement pour le procès de Rennes.

Parmi les documents manuscrits d’Alfred Dreyfus comptent les observations rédigées en prison sur diverses dépositions du procès de Rennes, un exemplaire de Cinq années de ma vie, corrigé de sa main, le tapuscrit d’un volume de souvenirs qui ne paraîtra pas, et des notes inédites, du début des années 1930, au sujet de publications relatives à l’Affaire.

La plus large part du fonds est constituée de plus de 2 200 lettres adressées à Lucie Dreyfus et au Capitaine pendant sa captivité à l’île du Diable et, surtout, pendant la période la moins connue de l’Affaire, comprise entre sa seconde condamnation et sa grâce (septembre 1899) et sa mise en retraite (1907). Dans cet ensemble tout à fait remarquable, on signalera les nombreuses lettres de Mathieu, de Joseph Reinach, de Louis et Olympe Havet, de Louis Leblois et du colonel Hartmann, qui nous renseignent sur la « troisième affaire » : le combat acharné du Capitaine pour faire réviser son procès et les dissensions au sein du camp dreyfusiste ; beaucoup de lettre émanent d’ « amis inconnus », témoignages de soutien du monde entier, mais aussi de grandes figures « dreyfusistes »: les frères Reinach, Alexandrine Zola, Scheurer-Kestner, Zadoc Kahn, etc.

Ce don compte également de nombreuses photographies, dont certaines inédites, du procès de Rennes, d’une magnifique collection de cartes postales et d’émouvants souvenirs familiaux.

Accessibilité du Fonds Dreyfus

La numérisation de la totalité de ce don a été réalisée grâce aux financements accordés par le Ministère de la culture et de la communication et par la Direction des musées de France. Le fonds Dreyfus est intégralement inclus dans les collections du mahJ et consultable sur la page Betsalel, collections en ligne.