Protestants et juifs en Europe dans les années 1930 et 1940

par Patrick Cabanel, École pratique des Hautes Études

Antijudaïsme et antisémitisme conjuguent leurs effets dans le luthéranisme allemand (Deutsche Christen) majoritairement rallié à Hitler. Mais la minorité confessante, sous l’influence du Suisse Karl Barth, montre plus de lucidité. La théologie barthienne de résistance spirituelle a été l’une des voies à la sympathie des protestants envers les juifs. L’autre voie est celle des minorités protestantes à la culture et à la mémoire « hébraïsantes » : huguenots français, vaudois italiens, hussites de Bohême, mennonites, mais aussi jeunes Églises nées du Réveil, baptistes, darbystes… Les deux seules communautés distinguées par Yad Vashem sont protestantes : Nieuwlande en Hollande et Le Chambon-sur-Lignon en France. Théologie, histoire et sociologie doivent être prises en compte au moment d’établir une typologie et une cartographie des attitudes des protestants envers les juifs.

Bibliographie

  • Cabanel P., Juifs et protestants en France – Les affinités électives XVIe-XXIe siècle, Paris, Fayard, 2004
  • Gevers L. and Bank J. (dir.), Religion under Siege. II Protestant, Orthodox and Muslim Communities in Occupied Europe (1939-1950), Louvain, Peeters, 2007
  • Kocher H., Rationierte Menschlichkeit, schweizerischer Protestantismus im Spannungsfeld von Flüchtlingsnot und öffentlicher Flüchtlingspolitik der Schweiz, 1933-1948, Zurich, Chronos, 1996
  • Narbel N., Un ouragan de prudence. Les Églises protestantes vaudoises et les réfugiés victimes du nazisme (1933-1949), Paris, Labor et Fides, 2003
  • Sémelin J., Andrieu C., Gensburger S., dir., La résistance aux génocides. De la pluralité des actes de sauvetage, Paris, Sciences Po. Les Presses, 2008

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