« Protestants et juifs, des relations ambivalentes à travers les siècles et les pays »

Par Philippe Joutard, Ecole des hautes études en Sciences sociales - Aix-Marseille Université

Dans cette conférence inaugurale, Philippe Joutard s’efforcera de montrer la complexité du sujet. Elle est liée à la différence des espaces considérés et à la longue durée envisagée. Plus encore, elle provient de l’ambiguïté ou mieux,  de l’ambivalence des rapports entre protestants et juifs, ceci dès le début de la Réforme avec Luther et toutes les nuances des autres réformateurs, inextricablement partagés entre philosémitisme, antijudaïsme et antisémitisme. Cette ambiguïté perdure longtemps ; l’ambivalence s’inscrit même au cœur du philosémitisme. Le meilleur exemple en est le millénarisme protestant, à l’origine du sionisme chrétien dont l’influence est loin d’être négligeable à plus forte raison pour l’histoire la plus immédiate. Les huguenots français à partir du XVIIIe siècle constituent une exception, affichant une solidarité réelle avec la minorité juive, non seulement parmi les intellectuels et les cadres mais au niveau le plus populaire. Une forte mémoire d’un passé toujours vivant en est à l’origine.

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