Regards sur la vie juive au Maroc

Regards sur la vie juive au Maroc

du jeudi 7 octobre 1999 jusqu'au dimanche 2 janvier 2000

A l'occasion du « Temps du Maroc en France », le mahJ propose sous le titre « Regards sur la vie juive au Maroc », un programme de manifestations qui évoque les différents visages passés du judaïsme marocain ainsi que leur interprétation contemporaine

Indissociable de l'histoire du Maroc, le judaïsme marocain est à l'honneur au mahJ. L'histoire du judaïsme marocain, une des plus anciennes traditions juives marquée par une continuité inégalée en terre d'acueil, remonterait, selon certaines légendes, à l'époque de la conquête babylonienne de Jérusalem et à la destruction du Temple au IVe siècle avant l'ère commune.

Il est difficile d'imagine aujourd'hui, au regard de la petite minorité juive toujours établie au Maroc, ce que fut le judaïsme marocain au temps de sa grandeur. Des quelque cent vingt-mille juifs que comptait le Maroc en 1956 presque tous ont émigré dès l'indépendance du pays, poussés par les conflits politiques qui opposèrent le monde arable à l'État d'Israël après la création de ce dernier.

Cette rupture d'une histoire millénaire ne doit pas effacer ce qui fut un modèle de vie commune et de traditions partagées. Les juifs firent partie de la vie marocaine aussi bien dans le monde rural que dans les cités, où ils jouèrent un rôle important dans le tissu économique.

Photographies, bijoux et costumes, cartes postales anciennes, peintures et dessins forment des séquences de la vie des Juifs au Maroc, du milieu du siècle dernier aux années précédant leur émigration à partir de la fin des années cinquante.

Les « Carnets de voyage » d'Hélène Hourmat, artiste contemporaine, sont le passage entre cette mémoire perdue et un héritage encore très présent dans la diaspora judéo-marocaine.

Des films documentaire et de fiction, des concerts de musique judéo-marocaine et arabo-andalouse témoignent de l'attachement des artistes juifs à cette tradition millénaire et des questions qu'elle continue de susciter en eux.

Expositions

Les expositions forment des séquences réparties dans différents lieux du musée.

  • « Parures et Trames. Traditions juives dans l'art du bijou et du textile au Maroc »

Au cœur des traditions artisanales juives, on trouvait au Maroc comme dans tout le Maghreb, le travail des métaux précieux et la fabrication du fil d'or.

L'exposition présente des pièces exceptionnelles témoignant du grand raffinement des bijoux citadins et de l'habileté des orfèvres juifs. Ces parures citadines, distinctes des bijoux ruraux par la prédominance de l'or et des pierres précieuses ainsi que les costumes présentés, sont destinés pour la plupart à un usage cérémoniel. Plusieurs traditions de textiles brodés se sont développé dans les villes du Nord, chacune élaborant son propre style avec des motifs et des couleurs spécifiques.

  • « Juifs parmi les Berbères. Photographies d'Elias Harrus, 1940-1960 »

Elias Harrus, photographe amateur, a réalisé des centaines de photographies entre 1940 et 1960, alors qu'il parcourait le Maroc rural des confins de l'Atlas pour le compte de l'Alliance israélite universelle, dont il fut un des piliers. Connaissant bien le milieu rural pour en être lui -même issu, Elias Harrus nous livre un témoignage précieux sur la vie des juifs des communautés rurales du Maroc.

En regard de ces scènes de vie, des bijoux et des costumes illustrent l'artisanat et les modes vestimentaires des populations juives rurales.

  • « Alfred Dehodencq (1822-1882) : la révélation marocaine. Thème juif dans l'œuvre peint au Maroc de 1853 à 1863 »

Le Maroc fut, pour Alfred Dehodencq plus qu'une étape: une véritable passion. Il y séjourna plus de dix années, de 1853 à 1863, immortalisant la vie animée des rues marocaines, des scènes quotidiennes et des personnages, avec ce sens du détail réaliste et cette vision dramatique qui donnent à son œuvre un caractère romantique. Une vingtaine de toiles et d'études issues de collections publiques et privées illustre la forte présence des sujets juifs dans son œuvre, scènes d'intérieur, noces et fêtes, mais aussi des scènes d'arrestation ou d'éxécution, dont il sait traduire la violence dans ses compositions bâties sur de fortes oppositions.

  • « Clichés. Les juifs du Maroc à travers la carte postale ancienne (1900-1920) »

Soixante-dix cartes postales sur les juifs du Maroc, issues de la collection du mahJ sont présentées.

Editées alors que le Maroc connaît les débuts du protectorat (1912), ces cartes offrent le reflet d'un regard occidental en quête d'exotisme et de pittoresque. Elles n'en sont pas moins le témoin de la vitalité du monde juif marocain traditionnel - métiers d'artisanat, fêtes et costumes qui s'épanouissent dans les mellah (quartiers juifs) - avant que celui-ci ne soit bouleversé par le monde moderne.

  • « Hélène Hourmat. Carnets de voyage ». Composition-collages de photos, dessins, cartes postales anciennes et contemporaines

Mosaïque-rébus d'une trajectoire intime qui investit la mémoire familiale, scènes juxtaposées par fragments qui multiplient à l'infini les bribes d'une mythologie à la fois personnelle et collective, les grandes compositions d'Hélène Hourmat sont comme les carnets d'un voyage intérieur quoditien dans son héritage judéo-marocain.

Voir aussi

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Amedeo Modigliani, Portrait de Dédie, 1918, Paris, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne – Centre de création industrielle, donation de M. et Mme André Lefèvre en 1952
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du jeudi 17 juin 2021 jusqu'au dimanche 31 octobre 2021

Maya Zack (née en 1976), Black and white rule (2011), image extraite d'une vidéo de 17 min. 
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du samedi 3 octobre 2020 jusqu'au dimanche 12 septembre 2021

Plaque de verre, 20e siècle, Vue de 14 photos d'identité (type "photomaton") épinglées au mur 
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du mercredi 19 mai jusqu'au dimanche 10 octobre 2021

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