Megillot de Moshe Kupferman

Du 6 décembre 1998 à mai 1999

Moshe Kupferman (Yaroslav, 1926 — kibboutz Lohamei Hageta’ot, 2003), Megillat, 1990

Moshe Kupferman (Yaroslav, 1926 — kibboutz Lohamei Hageta’ot, 2003), Megillat, 1990

L’exposition « Megillot de Moshe Kupferman » fut l’une des manifestations inaugurales du Musée en 1998. Elle amorçait la réflexion du mahJ sur les pratiques contemporaines autour du livre et de l’écrit.

Megillah est le nom donné à cinq livres bibliques (Ruth, le Cantique des cantiques, les Lamentations, l’Ecclésiaste et Esther) qui se présentent sous la forme de rouleaux de parchemin séparés, calligraphiés par des scribes. Dans les années 1970, Moshe Kupferman utilise comme support des rouleaux de papier, qui, étroits et contenus au début, sont devenus monumentaux et complexes. Le travail sur les rouleaux a ceci de spécifique qu’il évoque à la fois l’activité du scribe, du sofer, et celle de l’officiant : Moshe Kupferman jette des signes sur la feuille, mais, comme le lecteur du texte d’un rouleau, il n’appréhende que la partie du papier qu’il travaille. À cela s’ajoute une manipulation supplémentaire, celle de l’enroulement pour passer à l’étape suivante. Il travaille de gauche à droite jusqu’à la fin du rouleau, puis recommence l’opération de droite à gauche.

Moshe Kupferman est né en 1926 à Yaroslav, en Galicie. Interné en 1940 dans un camp de travail de l’Oural et plus tard au Kazakhstan, il est le seul membre de sa famille à avoir survécu. En 1948, il immigre en Israël et participe, l’année suivante, à la fondation en Galilée du kibboutz Lohamei Hageta’ot (kibboutz des Combattants des ghettos). Son apprentissage auprès des chefs de file de l’abstraction lyrique israélienne, Yosef Zaritsky et Avigdor Stematsky, fut déterminant ; il évolua vers l’abstraction, seul moyen d’exprimer ce qui ne peut être contenu en s’armant contre le retour des images obsédantes. En 1959, toute trace de figuration avait disparu de son œuvre.