Lasar Segall (1891-1957), Figures against Hills, 1924

Lasar Segall. Nouveaux Mondes

Du 3 février au 14 mai 2000

L'œuvre de Lasar Segall offre un caractère exemplaire parmi les divers itiniéraires qui furent ceux des artistes issus du monde juif dans la première moitié du XXe siècle.

Né à Vilna, en Lituanie, fortement influencé par l'expressionisme allemand, tenté par la France, devenu un artiste brésilien, Lasar Segall (1891-1957) se construit dans ses émigrations successives, tout en conservant l'empreinte du milieu juif traditionnel dont il est issu.

« L'œuvre de Lasar Segall offre un caractère exemplaire au sein des divers itiniéraires qui furent ceux des artistes issus du monde juif dans la première moitié du XXe siècle.

Né à Vilna, fortement marqué par l'expressionisme allemand, tenté par la France, devenu un artiste brésilien, Segall s'est défini dans ces découvertes successives. Son éducation dans un milieu juif traditionnel, dans une ville où le judaïsme occupe une place majeure et s'ouvre à des options culturelles et politiques diverses, laissera pour toujours sa trace sur l'artiste qui sort du monde juif en quête d'une expérience plus universelle.

S'il est tout au long de son œuvre un artiste en partance, son émigration précoce fonde un rapport qui allie à la nostalgie une dimension motrice. Artiste déplacé, étranger, il est un témoin libre des mouvements artistiques ; alors que toute sa vie l'homme continuera de se dire juif russe, l'artiste est marqué par l'Allemagne, dans l'inspiration formelle de son œuvre pictural et graphique et dans son engagement dans la société et dans les courants modernistes. Il est au cœur même du groupe de Dresde, en 1919, comme il sera une sorte de chantre du Brésil ; il produit ainsi une image d'anthologie d'un monde qui s'ouvre à lui ; le primitivisme qui trouve une traduction immédiate dans la peinture des métis et de la négritude, l'appréhension de l'homme au milieu de la nature dont les couleurs explosent, et enfin une résonance presque fébrile à l'histoire et aux événements tragiques qui secouent l'Europe, tous ces élémens nous renvoient bien à cette question des artistes juifs face à la modernité. Lasar Segall nous offre un paradigme de cette question à laquelle, tel un prisme déformant et pervers, l'exposition de Munich en 1937, Entartete Kunst, associe son œuvre.

Il donne une image presque parfaite d'un art juif de l'exil par sa compréhension immédiate des mondes qu'il traverse, sa mémoire imprimée, sa volonté délibérée de faire d'une tradition de la marginalité une expérience à partager dans le monde. »

Laurence Sigal, directrice du musée d'art et d'histoire du Judaïsme

extrait de l'Avant-propos du catalogue

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