L’empreinte d’un geste. Pilpoul à­ trois temps

dimanche 19 mai 2019, 11h00-17h00

Colloque-performance

Pilpoul est un dispositif original, une performance de 4h30 (orchestrée en 3 temps de 1h30) conçu et mis en espace par Céline Masson avec Georges Perla, metteur en scène, et créé par toute l'équipe de Pilpoul

Tarifs et réservation 

Inscription en ligne obligatoire.
Gratuit dans la limite des places disponibles.

Lieu 

Auditorium

À travers la musique, la littérature ou le cinéma, le programme de l'Auditorium offre un prolongement des domaines abordés dans le musée et les expositions.

Direction musicale : Pierre Wekstein, saxophone et flûte avec Fred Manoukian, piano, Judith Wekstein, tuba et Nils Wekstein, percussions.

Direction vocale : Jacinta, chanteuse, auteure-compositrice avec Béatrice Madiot, psychosociologue vocaliste et Alain Horchman, chanteur et enseignant

Cantor et cantatrice : Sofia Falkovitch

Comédiens : Georges Perla et Johanne Toledano, avec la participation de Régine Waintrater

Danseuses : Julia Vercelli et Johanne Toledano

Chercheurs : Joëlle Allouche-Benayoun, sociologue ; Cyril Aslanov, linguiste ; Isabelle de Mecquenem, philosophe ; Francine Kaufmann, traductologue ; Andrée Lerousseau, germaniste ; Regine Waintrater, psychanalyste

Portraits filmés : Gorana Bulat Manenti, psychanalyste, Didier Long, théologien et essayiste, Talila, chanteuse, Michel Nedjar, artiste plasticien (réalisés par Céline Masson ; images : Jean Claude Baumerder, Jérémy Nedjar ; montage : Frédéric Uran, production Jean-Claude Baumerder)

En un dispositif qui évoque un pilpoul (disputation à laquelle on se livre dans les écoles talmudiques), chercheurs et ­artistes vont dialoguer, et faire naître une polyphonie de sens – parlés, chantés, dansés, filmés, joués, et tenter de « faire l’expérience du­ geste dans ce qu’il peut être une révélation d’un mouvement interne et intense » (Alain Horchman).

Par-delà même les conversions forcées qui ont contraint les juifs à pratiquer le judaïsme et à en perpétuer les gestes cultuels en secret (marranisme, crypto-judaïsme), qu’en est-il de ces gestes de la culture juive qui déterminent des styles familiaux, artistiques, littéraires, alors même qu’aucune pratique religieuse n’est transmise ? Dès ­lors, comment se ­transmet la culture juive ? Du sacré au profane, les ­gestes sont bien ancrés dans les mémoires : déterminent-ils un­ éthos juif ?

Après les colloques « Shmattès » (2004), « Panim/pnim » (2007), « La force du nom » (2009), « L’accent, traces de l’exil » (2013), « Génération Balagan » (2016), Céline Masson poursuit cette « route de soi », en explorant cette fois la mémoire des gestes, ce « geste rescapé du passé ».

Programme

Chercheurs et artistes vont interroger ensemble la manière dont les gestes cultuels ou culturels juifs se transmettent dans les familles qu'elles soient converties, traditionalistes ou athées.

Comment un certain aspect du judaïsme se transmet-il par le corps et notamment les gestes ?

11h00

Premier tableau (1h45) : les gestes dans les familles converties ou crypto-juives (le déracinement et les traces de l'histoire)

Des images filmées mais aussi la danse et les interventions de chercheurs témoigneront de ce geste qui consiste à embrasser avec la main le linteau droit de la porte dans une famille qui ignorait complètement ses origines juives, ou encore l'odeur du cédrat envoyé pour Noël …

Les chants, comme Zog maran ("dis-moi frère marrane") ou alors a souke en yiddish, ou encore A la una en judéo-espagnol chantés par Jacinta arrangés par Pierre Wekstein, questionnent à leur tour, les cultures juives ashkénazes comme séfarades (histoire des conversions des Juifs d'Espagne mais aussi des traditions juives d'Europe de l'Est).

14h15

Deuxième tableau (1h30) : les gestes dans les familles juives (l'enracinement et la transmission par le corps)

Après avoir rappelé quelques dates et notamment le décret de 1791 qui fait suite au vote de l'Assemblée constituante qui attribue la pleine égalité de droits aux Juifs et leur octroie la citoyenneté, temps ponctué par des chants synagogaux interprétés par la cantor et cantatrice Sofia Falkovitch, nous entrerons dans les salons des familles juives dans les années 1950 aussi bien ashkénazes que séfarades afin d'entendre leurs histoires de gestes (la traditionnelle chasse à la carpe dans la baignoire, des gestes culinaires,  l'allumage d'une petite lampe pour le Yortsayt, le jour de commémoration des morts)

Les chants et la musique  ponctuent le pilpoul en évoquant  la vie dans les shtetlekh notamment avec a khazndl oyf shabes ou dudele ainsi que la tradition culinaire avec  la cuisson  des aubergines selon la recette des Balkans  (siete modos de guizar las merendjenas).

16h00

Troisième tableau (1h15) : la transgression par les gestes de création

Michel Nedjar avec Jacinta vont ouvrir ce tableau par l'entrée dans les ateliers de couture . Dans un portrait filmé, l'artiste évoque ses gestes de tailleur puis ses gestes d'artiste. Sa première poupée : une jambe de baigneur entouré d'un shmattè, bout de tissu qui traînait au sol dans l'atelier de tailleur de son père.

Les chanteuses et les musiciens  vont subvertir des chants bien connus du public...Gainsbourg, Enrico Macias, Offenbach seront revisités...

Les comédiens avec les chercheurs vont donner voix aux artistes Michel Nedjar et Bruno Schultz.

Fin 17h15

Retrouvez ce spectacle unique en vidéo

Premier tableau : les gestes dans les familles converties ou crypto-juives (le déracinement et les traces de l'histoire)

Deuxième tableau : les gestes dans les familles juives (l'enracinement et la transmission par le corps)

Troisième tableau : la transgression par les gestes de création