L'accent, traces de l'exil

dimanche 7 avril 2013, 10h00-18h00

Après les colloques Shmattes (2004), Panim (2006) et La Force du nom (2009), nous souhaiterions interroger la force des accents. Nous prendrons les langues juives comme exemple de langues de culture et poursuivrons ainsi nos réflexions sur la « route de soi ».

Événement enregistré

Colloque organisé par Céline Masson avec Natalie Felzenszwalbe et Eric Ghozlan ; université Paris- Diderot (CRPMS) avec le concours de l’OSE

Avec la participation de Cyril Aslanov, professeur de linguistique, université hébraïque de Jérusalem ; Paul Laurent Assoun, psychanalyste, professeur à l’université Paris-Diderot ; Alexandre Beider, linguiste ; Robert Bober, écrivain, réalisateur ; Alain Fleischer, cinéaste, photographe, écrivain ; Eric Ghozlan, directeur du pôle enfance de l'OSE ; Francine Kaufmann, professeur émérite, département de traduction et d’interprétation, université Bar-Ilan ; Michèle Tauber, chanteuse, maître de conférences à l’Université Paris-8 ; Haim Vidal Sephiha, linguiste et professeur émérite des universités ; Bernard Vaisbrot, traducteur, enseignant de yiddish à l’Université Paris-8 ; Gérard Wajcman, psychanalyste, maître de conférences à l’université Paris-8.

Et les artistes Sandra Bessis, chanteuse, Simon Elbaz, auteur, comédien, musicien, Michel Elias, comédien, Jacinta, chanteuse, Popeck, comédien, Talila, chanteuse, Michel Rechtman, musicien.
Le second volet du colloque aura lieu en Argentine courant 2013.

L’accent est une trace d’origine – il pénètre la langue, la saisit, lui donne vie, identifie le lieu géographique (imaginaire). À partir de l’accent comme rythme essentiel de la langue et comme « restes de transmission», nous tenterons alors d’entendre ce qu’il en est de ces « traces de vie » que nous proposons de nommer « traces de culture ».

«Quelles sont les langues parlées par les Juifs dans leurs déplacements ? Comment ces langues nous habitent-elles ? Quels accents gardons-nous ? Yiddish, judéo-espagnol, judéo arabe...
Quelles sont les différences entre le yiddish poylish et litvish ? Comment le judéo espagnol du nord du Maroc se distingue-t-il du spanyolito de Grèce et de Turquie ? Comment résiste-t-on à la disparition de ces langues ?
Comment les jeunes générations transmettent-elles ou non les langues ou les accents de leurs pères ? Qu’advient-il d’un individu séparé de ses langues, coupé de ses rythmes – ce rythme qui met pleinement en œuvre la musicalité de la langue ?
Qu’en est-il alors des rythmes de certaines langues dans le phrasé, le pensé et le rêvé des langues majoritaires ? Lorsqu’elles ne sont plus directement convoquées dans la vie de tous les jours, ces langues fonctionneraient-elles comme des traces mnésiques, susceptibles d’être réactivées par un ensemble de pratiques, de rythmes et de musiques où elles trouvent autant d’avatars ? »
Céline Masson