Hannah Arendt, la vie d’une juive allemande

dimanche 26 novembre 2006, 16h00-17h30
Hannah Arendt
Avec l’aimable autorisation du Hannah Arendt Bluecher Literary Trust © DR

Hannah Arendt
Avec l’aimable autorisation du Hannah Arendt Bluecher Literary Trust © DR

À l’occasion du centenaire de la naissance d’Hannah Arendt, en partenariat avec le CSPRP de l'Université Paris VII -Denis-Diderot et la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou.

Rencontre animée par Géraldine Muhlmann, professeur de sciences politiques et de philosophie à l’Université Paris II. Avec la participation de Michelle-Irène Brudny, philosophe et américaniste, professeur des universités, auteur de Hannah Arendt ou la séduction, essai de biographie intellectuelle (éditions Grasset, 2006), Roger Errera, conseiller d’État et directeur de la collection “Diaspora” aux éditions Calmann- Lévy et Jerome Kohn, directeur du “Hannah Arendt Center” de la New School for Social Research, New York.

Projection du film Hannah Arendt, entretiens entre Hannah Arendt et Roger Errera, réalisation Jean-Claude Lubtchansky (1974, 51’, INA, collection “Un certain regard”)

Hannah Arendt aurait 100 ans : elle est née le 14 octobre 1906, dans une famille juive allemande à Hanovre. Cet anniversaire va être fêté successivement à Berlin, Paris puis New York, trois villes dans trois pays qui jalonnent sa vie. Après avoir étudié la philosophie avec Martin Heidegger et Karl Jaspers, elle est contrainte à l’exil en 1933 et se réfugie à Paris. Très engagée dans le mouvement sioniste, elle sera secrétaire générale de l’Aliyah des jeunes à Paris. Internée au camp de Gurs en mai 1940, elle réussit à s’échapper et parvient à rejoindre les États-Unis qui deviennent sa nouvelle terre d'adoption en 1941. Apatride pendant 18 ans, elle devient citoyenne américaine en 1951, l’année de la parution de sa grande oeuvre Les Origines du totalitarisme. Après la publication de ce livre, elle enseignera dans plusieurs universités. L’état de réfugiée, l’identité complexe de juive allemande, le destin politique du peuple juif, le lien avec la langue allemande, sont des thèmes centraux dans la réflexion d’Arendt directement ou parfois à travers ses études d’autres écrivains et penseurs. Sa biographie de Rahel Varnhagen, sous-titrée “La vie d’une juive allemande à l’époque du romantisme”, qu’elle commença de rédiger en Allemagne et acheva à Paris, témoigne de la précocité et de l’intensité de ses interrogations sur la judéité. Elle s'éteint en 1975, laissant comme héritage une oeuvre considérable et une pensée fondamentale sur les grandes questions philosophiques et politiques du XXe siècle.

Deux colloques sont organisés à Paris dans le cadre de ce centenaire : du 16 au 18 novembre Crises de l’État Nation, Pensées alternatives, organisé par l’université Paris VII- Denis Diderot et les 24 et 25 novembre Hannah Arendt à présent : la politique a-t-elle encore un sens ? organisé par la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou.