Jean-Pierre Bertrand (Paris, 1937 - Paris, 2016), Ethrog, Paris, 1999

Ethrog. Jean-Pierre Bertrand

du jeudi 9 septembre 1999 jusqu'au dimanche 10 octobre 1999

L'une des pièces de l'installation de Jean-Pierre Bertrand pour le pavillon français de la Biennale de Venise de 1998, portait le titre énigmatique d'Ethrog. Ethrog, 1999, est installée dans la chambre du duc du mahJ, au moment de la fête de Soukkot.

Jean-Pierre Bertrand utilise le citron depuis près de vingt ans ; le cédrat en tant que tel, ethrog en hébreu, apparaît pour la première fois à la Biennale de Venise en 1998. L'installation de la Biennale consistait en cinquante-quatre cadres enserrant une matière jaune, lumineuse. Cinquante-quatre cédrats étaient disposés, selon une scansion arithmétique, sur des étagères placées dans des niches aménagées à l'intérieur des murs. Deux salles adjacentes baiginaient dans une lumère jaune.

Cette irruption de l'ethrog permet d'interroger une oeuvre dans laquelle les effets de résonance avec la pensée juive sont multiples, notamment l'interrogation inlassable de la science des nombres et, en particulier, la déclinaison du nombre 54, mais aussi de 4 et 5.

A la suite de cette exposition, l'artiste est invité par le mahJ à travailler sur Soukkot, une fête du calendrier juif, dont le thème nourrissait, de manière surprenante, sa création : il travaille sur une reprise d'Ethrog adaptée à la chambre du Duc pour la fête de Soukkot, lors de laquelle le cédrat joue un rôle particulier.

Lors de la fête de Soukkot, on compose un bouquet, loulav, de quatre espèces, saule, myrte, palmier, cédrat, qui représentent l'ensemble du règne végétal. Le saule n'a ni fruit, ni parfum ; le myte est ordorant mais ne donne pas de fruit ; le palmier n'a pas d'odeur mais porte un fruit ; le cédrat est le fruit parfumé d'un arbre qui sent bon de la racine jusqu'aux feuilles. Symbole, dans le judaïsme, de perfection, de complétude, le cédrat est souvent associé à l'arbre de la création.

Ethrog est une installation de 54 (6 séquences de 9) cadres jaunes et de 3 séries de 7 étagères en verre portant 6 éthrogim.

La construction très codée semble obéir à un ordre rigoureux. Ce qui apparemment fait sens s'anéantit dans la vision hypnotique de cinquante-quatre fois le même : un lèger voile de peinture appliquée à plat.

Le musée ne peut acquérir l'œuvre, malgré la constitution d’un petit groupe de collectionneurs, et Ethrog sera acheté par le Centre Pompidou et renommé Citron en 54, 5/4/ 5-4 /1 .

Jean-Pierre Bertrand donnera au mahJ 5 + 4 cadres ethrogim, en référence au chiffre 54 qui scande son œuvre.

Né en 1937 à Paris, Jean-Pierre Bertrand y est décédé en 2016.

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