Entre appartenance et exclusion au Moyen Âge

lundi 15 avril 2013, 19h30-21h00
Juif
©DR Collection du MAHJ

Juif
©DR Collection du MAHJ

Par Sylvie Anne Goldberg, directrice d’études à l’EHESS

L’accès à la citoyenneté vaut, selon la formule de Pierre Birnbaum, attribution de tous les droits et suppose l’abandon de tout privilège. Cette idée issue de la période révolutionnaire métamorphosa la condition de la « nation juive ». En amont de cette transformation, comment les Juifs, qui résidaient en terres chrétiennes depuis près d’un millénaire, en sont-ils venus à détenir ce statut singulier fait de privilèges et d’interdits qui les a placés entre appartenance et exclusion dans la société médiévale ? Les deux aspects de cette condition seront présentés à la lumière des notions chrétiennes et juives. Tout en éclairant la nature de la « citoyenneté juive » au fil des différents régimes de droit auxquels ils furent soumis, il s’agira d’analyser la manière dont la maxime Dina dé-makhouta dina (la loi du royaume est la Loi) élaborée au Moyen Age, a déterminé la vie juive en exil : de la Lettre de Jérémie au Sanhédrin de Napoléon, on observe en effet une politique illustrée par l’instauration d’une forme d’autonomie juive dans l’espace chrétien.