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Coups de cœur de la librairie

Ce mois-ci, la librairie vous recommande :

Falafel sauce piquante

Falafel sauce piquante, Michel Kichka

Michel Kichka, Dargaud
21,90 €

Kichka est un célèbre auteur de bande dessinée et caricaturiste de presse, israélien d’origine belge. Après « Deuxième génération. Ce que je n’ai pas dit à mon père », album dans lequel il explorait les rapports qui lient les enfants de la deuxième génération à leurs parents rescapés de la Shoah, Kishka entraîne ses lecteurs en Israël, pays où il a fait son « aliyah » dans les années 1970 à l’âge de vingt-ans.
L’auteur dépeint avec humour et tendresse son installation à Jérusalem, ses études à la prestigieuse Académie des Beaux-Arts de Bezalel où il deviendra professeur, son engagement pour la paix et la liberté de la presse, son amitié avec plusieurs confrères palestiniens.

 


Les mille et une nuits de Krushnik,
récit tragi-comique

Les mille et une nuits de Krushnik, récit tragi-comique, Sholem-Aleikhem

Sholem-Aleikhem, L’Antilope
17 €

La Première Guerre mondiale vient d’éclater. Dans un bateau chargé d’immigrants en route pour l’Amérique, Yankl, un Juif ayant fui son village de Pologne, confie ses déboires au narrateur, Sholem-Aleikhem lui-même ! C’est que Krushnik, son « shtetl », n’a cessé de passer de l’occupation russe à l’occupation allemande : « d’un côté l’Allemand, de l’autre le Ruskoff ». À travers le témoignage de Yankel que consigne Sholem-Aleikhem, sont décrits les mauvais traitements réservés aux Juifs aussi bien par les Allemands, que les Polonais et les Russes. Au fil des 14 chapitres, qui correspondent aux 14 jours que dure la traversée de l’Atlantique, se constitue un roman sombre dans lequel sont également abordés les relations parents-enfants, la soumission ou la révolte, le patriotisme ou le sentiment national juif.
Sholem-Aleikhem a commencé à écrire ce texte sur le bateau qui le menait fin 1914 de Copenhague à New York. « Les mille et une nuits de Krushnik » parut en feuilleton dans « Der Tog », quotidien yiddish de New York, dès janvier 1915 et l’on y retrouve avec bonheur toute la verve qui caractérise son auteur, ses tournures et citations de la Torah et du Talmud et son humour du désespoir.

 


Djoyas de mar

Djoyas de mar, Dafné Kritharas

Dafné Kritharas, Lior éditions

Après plusieurs ouvrages consacrés au patrimoine culturel et à l’histoire des Juifs sépharades, voici le premier CD édité par François Azar, directeur et fondateur des éditions Lior. C’est un véritable trésor, une pépite qui s’offre à nos oreilles. Dafné Kritharas possède une voix magnifique qui nous envoûte profondément et immédiatement. Les douze morceaux qu’elle interprète tantôt avec délicatesse et émotion, tantôt avec force et éclat en grec et en judéo-espagnol sont des chants traditionnels grecs de Smyrne, des chants judéo-espagnols très connus ou plus rares et quelques Rebetiko composés au début du 20e siècle. La voix éclatante de Dafné est accompagnée avec intensité par Paul Barreyre à la guitare, Camille El Bacha au piano (il signe également les arrangements) et Naghib Shanbehzadeh aux percussions.

 


Si je t’oublie Alexandrie

Si je t’oublie Alexandrie, Jérémie Dres

Jérémie Dres, Steinkis
22 €

Après avoir enquêté avec son frère sur la branche polonaise de son arbre généalogique dans l’album « Nous n’irons pas voir Auschwitz », Jérémie Dres se penche sur ses origines égyptiennes et livre une bande dessinée entre documentaire et récit intime. C’est accompagné de sa mère, qu’il part en Egypte à la recherche d’informations sur l’histoire de ses grands-parents qui y avaient grandi avant d’en être expulsés à la fin des années 1940 ; il y mène un véritable reportage d’investigation en interrogeant différents responsables de communautés et d’associations juives, en s’entretenant avec des historiens. Les recherches de Jérémie mettent en relief le cosmopolitisme perdu de la grande cité portuaire, les idéologies qui ébranlaient alors la communauté juive (sionisme, communisme, patriotisme) et éclairent les raisons de l'exil de ses grands-parents maternels et plus généralement celles de l'émigration de la communauté juive égyptienne après la création d'Israël.

 


Solal et les Solal, Solal, Mangeclous, Les Valeureux, Belle du Seigneur

Solal et les Solal, Solal, Mangeclous, Les Valeureux, Belle du Seigneur, Albert Cohen

Albert Cohen, Quarto Gallimard
32 €

Qui sait que Belle du Seigneur était le dénouement d’un cycle inauguré par Albert Cohen en 1930 avec un premier chef-d’œuvre, Solal, prolongé par Mangeclous en 1938 et achevé en 1969 avec la publication, à contretemps, des Valeureux… ? Philippe Zard a rassemblé pour la première fois en un volume cette tétralogie avec le titre que son auteur aurait voulu lui donner : Solal et les Solal. Il a rédigé un important appareil critique qui reconstitue le contexte culturel de l’œuvre, et élucide, dans de riches notes, les références littéraires, bibliques, artistiques et religieuses, les allusions à des événements ou des personnages historiques, les mots rares et les régionalismes.
Il faut s’offrir et offrir cette somme qui donne un nouvel éclairage à l’œuvre monumentale de la littérature qu’est Belle du seigneur.

 

 


Rue des Quatre-Vents
Une histoire de l'immigration

Rue des Quatre-Vents, Une histoire de l'immigration, Jessie Magana et Magali Attiogbé

Jessie Magana et Magali Attiogbé, Les éditions des Elephants
16,50 €

Cet album au format italien et aux belles illustrations, invite les jeunes lecteurs (à partir de 8 ans) à traverser l’histoire de la rue des Quatre-Vents qui a vu arriver, partir, naître et grandir de nombreux habitants originaires des quatre coins du monde qui ont forgé son identité. Dans cette petite rue située aux portes de Paris s’installent tour à tour de 1890 à 2018 des gens venus d’ailleurs, Marcel l’Auvergnat, Marco l’Italien, Mikhaïl et Esfir qui ont fui les pogroms contre les Juifs en Russie, etc.
L’ouvrage rappelle qu’un Français sur quatre a au moins un de ses grands-parents qui n’est pas né en France et que parmi toutes ces personnes accueillies en France, « certaines sont reparties, d’autres se sont installées, se sont mélangées, ont appris la langue et les coutumes de ce nouveau pays, tout en l’enrichissant des leurs ».