Martin Bucer et le judaïsme : affinités et ambivalence

par Annie Noblesse-Rocher, université de Strasbourg

Le Strasbourgeois Martin Bucer (1491-1551) est considéré comme l’un des meilleurs hébraïsants de la première génération de réformateurs. Son volumineux Commentaire sur le psautier (1529) l’atteste, qui emprunte largement aux auteurs juifs médiévaux de la Biblia rabbinica. Bucer revendique une proximité intellectuelle et même spirituelle avec le « Vetus Populus » en particulier dans son Commentaire sur Sophonie (1528). Pourtant Bucer semble vivre la schizophrénie des chrétiens médiévaux vis-à-vis des juifs. D’un côté une admiration le lie à la culture juive, d’un autre les relations avec les juifs réels peuvent subitement se tendre dramatiquement, comme l’atteste son sinistre traité, le Judenratschlag. Comment comprendre cette ambivalence ? Nous proposerons une hypothèse, celle de la confrontation de Bucer avec la communauté anabaptiste, comme catalyseur de ses relations avec le judaïsme.

Bibliographie

  • Horst Quirmbach, « Von Gott verworfen und ewiglich verdampt », Untersuchungen zum Antijudaismus in den Schriften Martin Bucers, Francfort, 2011
  • Annie Noblesse-Rocher, « Le rôle  pédagogique des sources et de la piété juives dans le Tzephaniah epitomographus de Martin Bucer (1528) », dans  Christen und Juden  im Reformationszeitalter, éd. par Rolf Decot et Matthieu Arnold, Mayence, 2006

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