Les protestants dans l’Affaire Dreyfus

par André Encrevé, université Paris-Est, Créteil

« On ne peut pas rester chrétien et être antisémite », écrit le pasteur Louis Lafon dans La vie nouvelle du 4 février 1899. Certes, à elle seule cette citation ne résume pas toute l’attitude des protestants français pendant l’affaire Dreyfus, mais elle exprime bien la base fondamentale de leurs choix. Après avoir présenté rapidement la communauté protestante à la fin du XIXe siècle, et les liens qui la rattachent à la communauté juive, j’analyserai la précocité des réactions des protestants puis exposerai leur attitude générale – celle des pasteurs et celle de laïcs. Enfin, j’évoquerai les réactions de la presse protestante : de fait on n’y trouve pas un seul article hostile à la révision du procès de Dreyfus. Au contraire on y remarque une dénonciation constante de l’antisémitisme.

André Encrevé est professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université de Paris-Est-Créteil. Spécialiste de l’histoire du protestantisme de la période contemporaine, à propos duquel il a publié plusieurs ouvrages, il a aussi assuré la rédaction en chef du Bulletin de la Société de l’Histoire du protestantisme français de 1985 à 2015.

Bibliographie :

co-direction avec Patrick Cabanel : Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, Paris, Les Editions de Paris-Max Chaleil, tome 1, 2015

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