La conversion de Heinrich Heine

par Michael Werner, Ecole des hautes études en Sciences sociales

Le mot de Heinrich Heine (1797-1856) disant que le certificat de baptême était le « billet d’entrée dans la culture européenne »  a été longtemps une sorte de référence, empreinte d’auto-ironie, pour les juifs allemands désireux de trouver une place dans la société de leur époque. Pourtant, ce qui semble désigner, chez Heine, une manière caustique de « liquider » le bilan de sa propre conversion au protestantisme, se révèle être le signe d’un rapport complexe à la tradition et à la modernité. La conversion est vue à la fois comme une trahison et un acte d’adhésion à une émancipation, dont la forme est imposée par le cadre légal de l’époque en Prusse. Heine n’a jamais résolu les contradictions issues de cette situation. Mais il a gardé un rapport intime à un judaïsme porteur d’un héritage davantage culturel, spirituel et poétique que religieux.

Bibliographie

  • Michael Werner, Jan-Christophe Hauschild, Heinrich Heine. Une biographie, Seuil, 2001
  • Michael Werner, « Heinrich Heine. Über die Interdependenz von jüdischer, deutscher und europäischer Identität in seinem Werk », in : Walter Grab, Julius H. Schoeps (dir.), Juden im Vormärz und in der Revolution von 1848, Duisburg 1983
  • Michael Werner (avec Bénédicte Zimmermann), De la comparaison à l’histoire croisée, Seuil, 2004
  • Michael Werner (avec Hans-Erich Bödeker et Patrice Veit), Espaces et lieux de concert en Europe 1700-1920. Architecture, musique, société, Berlin, Berliner Wissenschafts-Verlag 2008

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