Entre antijudaïsme chrétien et antisémitisme völkisch : les protestants allemands dans le IIIe Reich

par Hansjörg Buss

Le protestantisme fut la « porte principale » (Haupteinbruchsstelle) du national-socialisme (Manfred Gailus). L’exclusion, la poursuite et la privation des droits de la minorité juive par l’État ont été soutenues par une large partie des protestants allemands. Dans le milieu radicalisé des Deutschchristen le soutien de la politique de l’État national-socialiste relative aux juifs allait jusqu’à la justification de la « nuit de Cristal » et des déportations tout en se réclamant de Martin Luther. L’Église confessante (Bekennende Kirche) n’a exprimé – à quelques exceptions près – aucune critique envers l’antisémitisme d’État, certains de ses membres exprimant même leur accord. La « question juive » était avant tout considérée et traitée comme un problème théologique bien que l’éviction des chrétiens appelés « non-aryens » ait concerné directement l’église.

Hansjörg Buss est historien et chargé d’enseignement à la faculté théologique de l’université de Göttingen. Parmi ses nombreuses publications sur l’histoire contemporaine de l’Église citons : « Die Deutschen und Martin Luther », in : Hole Rößler (dir.) : Luthermania. Ansichten einer Kultfigur, Wolfenbüttel 2017; « Entjudete Kirche ». Die Lübecker Landeskirche zwischen christlichem Antijudaismus und völkischem Antisemitismus (1918-1950), Paderborn 2011.

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