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Coups de cœur de la librairie

Ce mois-ci, la librairie vous recommande :

Dans le faisceau des vivants

Dans le faisceau des vivants, Valérie Zenatti

Valérie Zenatti, Éditions de l’Olivier
16,50 €

Au-delà de la relation du romancier et de sa traductrice, Aharon Appelfeld et Valérie Zenatti nourrissaient une profonde amitié et une discussion ininterrompue depuis plus de dix ans. Alors qu’elle devait se rendre au chevet de l’auteur hospitalisé, lorsqu’elle prend l’avion le 4 janvier 2017, Aharon Appelfeld est déjà décédé. Un an plus tard, elle écrit ce récit sur ce grand écrivain israélien (dont elle a traduit un grand nombre de romans), dans lequel elle raconte comment, après avoir appris avec lui, elle apprend à « vivre sans lui ».
Récit lumineux, parfois à la limite du fantastique qui rend compte de la sidération de Valérie Zenatti à l’annonce de la disparition de son ami et de la quête menée pour apprivoiser la peur de ce que signifie vivre sans lui.
Ce récit formé de deux parties rend hommage à leur amitié, à leur connivence. Dans la première partie, Valérie Zenatti relate les quelques jours qui ont précédé et suivi le décès d’Aharon Appelfeld, à Paris puis à Jérusalem. Dans la seconde, elle raconte le voyage fait le mois suivant, cette année-là, à Czernowitz, la ville natale de l’écrivain.

 


CD 12 lider, Poèmes d’Avrom Sutzkever

12 lider, Poèmes d’Avrom Sutzkever, Sutzkever Project

Sutzkever Project, Anima & Cie

Voici enfin la sortie du premier opus du « Sutzkever Project » (Grand Prix du Festival International des Musiques Juives d’Amsterdam 2017). Les poèmes d’Avrom Sutzkever ont été mis en musique par le compositeur Olivier Milhaud (petit-neveu de Darius Milhaud) et sont interprétés par le duo voix/piano composé de Mélanie Gardyn, soprano et de Natacha Medvedeva. Cet album plonge l’auditeur dans l’œuvre d’Avrom Sutzkever (1913-2010), auteur considéré comme l'un des plus importants poètes yiddish. Les douze lider offrent une traversée de la vie du poète, de la froide Sibérie de son enfance à son installation en Israël en 1947, en passant par son enfermement dans ghetto de Vilno de 1941 à 1944.
Livret avec texte des poésies en bilingue yiddish-français.

 


Objets portraits, Conversations avec de jeunes Juifs de Turquie

Objets portraits, Conversations avec de jeunes Juifs de Turquie, Rita Ender, Reysi Kamhi (ill.)

Rita Ender, Reysi Kamhi (ill.), Lior éditions
20 €

Par l'intermédiaire d’objets de famille (délicatement peints par Reysi Kamhi), une trentaine de Juifs turcs de la jeune génération (installés en Turquie ou ayant choisi les chemins de l’exil à Tel Aviv, Vancouver, New York, Barcelone ou Paris) racontent leur trajectoire, confient l’histoire de leur famille et celle de leur communauté (Istanbul, Izmir et Ankara, bien sûr, mais aussi de moins connues telles Adana, Antakya ou Bursa). Au fil de ces conversations intimes, les différents choix familiaux, marqués par les épreuves de la guerre et de l'émigration, se font jour. La transmission, la perpétuation des liens familiaux et la préservation de l'identité et de la langue judéo-espagnoles sont au cœur des questionnements de chacun. La profonde tendresse que ressentent ces jeunes-gens pour leurs grands-parents (souvent côté maternel) est un autre point saillant de ces témoignages ; ces grands-parents semblent avoir réussi le pari de leur transmettre une certaine forme de sagesse de vie.

 


La plus précieuse des marchandises. Un conte

La plus précieuse des marchandises. Un conte, Jean-Claude Grumberg, « La Librairie du XXIe siècle »

Jean-Claude Grumberg, « La Librairie du XXIe siècle », Seuil
12 €

Le choix d’écrire un conte pour adultes sur la Shoah permet à Jean-Claude Grumberg, en simplifiant en apparence le message, de lui conférer une dimension universelle. L’histoire se déroule pendant « la guerre mondiale ». « Pauvre bûcheron » et « pauvre bûcheronne » vivent dans la misère. Ils n’ont pas d’enfants. « Pauvre bûcheron » se réjouit de cette situation (une bouche en moins à nourrir), tandis que « pauvre bûcheronne » prie en secret les « puissances du ciel et de la nature » pour la venue d’un enfant. Un train de marchandises traverse le bois dans lequel ils vivent. De ce train parti de Drancy le 2 mars 1943, « notre héros », un père de famille va se séparer d’un de ses jumeaux, en le lançant par la lucarne, enveloppé dans un châle de prière. C’est la « pauvre bûcheronne » qui recueille la précieuse marchandise, un bébé de la race des « sans cœur », qu’elle va décider de sauver.
Grumberg mêle des éléments fictionnels et autobiographiques. Un « appendice » éclaire le lecteur sur la date du 2 mars 1943, date du départ de Drancy du convoi 49, par lequel le père de l’auteur - Zacharie Grumberg - a été déporté et assassiné à Auschwitz.
Ce conte remarquable par sa justesse pose de lourdes questions, comme cette interrogation insupportable du survivant et de l’endeuillé : « Pourquoi, pourquoi n’avait-il pas laissé le sort commun les détruire tous les quatre ensemble, ensemble ? »
En refermant ce petit livre, on souhaite immédiatement faire connaître ce récit précieux autour de nous et qu’il perdure, comme les vrais contes...

 


La désobéissance

La désobéissance, Naomi Alderman

Naomi Alderman, Le Livre de poche
7,90 €

Dans le quartier d’Hendon, au nord-ouest de Londres, une communauté juive orthodoxe vit dans un univers fermé, au rythme des rites et des fêtes. Naomi Alderman décrit la puissance du rituel et sa beauté : les rites liés à la « pureté » de la femme, les règles de la cacherout, le temps du Chabat, les rites funéraires, etc. Dans ce lieu, la pratique religieuse structure tous les gestes du quotidien. Au cœur de ce monde où les destins pourraient être tout tracés, Naomi Alderman fait exister une idylle entre deux femmes : Ronit, la fille du Rav de la communauté, exilée à New York, qui revient à Londres au moment du décès de son père, avec Esti, la femme de Dovid - cousin de Ronit, promis à la succession du Rav. Le point de vue de Ronit existe dans ce très beau roman sous la forme de textes d’une typographie différente : c’est la voix d’une personne émancipée, en rupture, qui a « désobéi ». Elle n’hésite pas à choquer par sa présence provocante. Son retour ravive les sentiments enfouis et crée une évolution salutaire de la communauté. De retour à New York, elle aussi sera changée.
Réconciliée avec son identité juive, libre dans sa pratique et l’invocation du divin.

 


L’éclaireur, Pensée juive en mouvement :Obsédés textuels

L’éclaireur, Pensée juive en mouvement, n°2 (décembre 2018) : Obsédés textuels

n°2 (décembre 2018), Éclaireurs éclaireuses israélites de France
10 €

L'éclaireur est la toute nouvelle revue des EEIF, qui selon ses propres mots, vise à mettre la « pensée juive en mouvement… pour un judaïsme pluriel et éclairé ». En effet, les articles et entretiens proposés dans le deuxième numéro de la revue offrent de multiples points de vue sur l’importance du livre et de l’étude des textes en mondes juifs. Les contributions et entretiens avec des personnalités laïques ou religieuses, juives comme chrétiennes, aux profils aussi variés qu’éditeur, bibliothécaire, biologiste, rabbin, philosophe, écrivain, artiste éclairent le sujet de manière particulièrement originale et abondante.