Coups de cœur de la librairie

Ce mois-ci, la librairie vous recommande :

Le choix de Jean-François Chambard :

Lake success

Gary Shteyngart, traduit de l’anglais par Stéphane Roques, Points Seuil, 2021, 8,90 €

Barry Cohen, ténor de l’élite financière new-yorkaise, fuit.

Persuadé que Layla, son amour de jeunesse, sera l’antidote à la crise intime qui l’ébranle, il s’embarque dans une improbable traversée de l’Amérique en autocar. Avec quelques dollars en poche et sa collection de montres précieuses dans une valise-talisman, il découvre au fil de ses aventures d’autres facettes de sa propre humanité.

Dans ce roman drôle et grinçant, Gary Shteyngart répond à l’une des questions majeures de notre époque : les gestionnaires de fonds spéculatifs ont-ils, eux aussi, des crises existentielles ?


Le choix de Joanna Gomes :

Quitter Psagot

Yonatan Berg, traduit de l’hébreu par Laurence Sendrowicz, L’Antilope, 2021, 22 €

À travers ce récit autobiographique, Yonatan Berg détaille, avec sensibilité, l’évolution de la colonie ultra-orthodoxe de Psagot, fondée dans les années 1980 en Cisjordanie, dans laquelle il a grandi, et de ses conflits internes et externes.

Il nous fait part de sa recherche personnelle d’autres horizons, quand des barbelés, à la fois protecteurs et angoissants, séparent cette communauté du monde environnant.


Le choix d'Isabel Claro :

Je m’appelle Wlodjimyerz

Rachel Hausfater, illustrations de Caroline Ayrault, Casterman, 2021, 6,95 €

Un joli livre, drôle et touchant, qui décrit toute la difficulté de porter, enfant, un prénom original.

« Wlodjimyerz », ce prénom permet à ce petit garçon de comprendre l’importance de son héritage familial, de l’amitié, du droit à la différence et de l’acceptation de soi.



Le choix de Myriam Soussan :

Des Harengs aux cerises

Régine Poloniecka, Robert Laffont, 2021, 19 €

De savoureux récits autobiographiques autour d’aliments, d’objets, d’anecdotes nous entraînent dans le quotidien aigre-doux de Régine Poloniecka.

Elle-même se décrit comme une personnalité généreuse, une mère nourricière. L’amertume est là aussi. Le réel peut basculer en une phrase vers « [s]a terrible enfance ». Elle a été une petite juive polonaise dans le ghetto de Varsovie, sauvée par des parents qui, eux, n’ont pas survécu.



Le choix de Gaëlle Collin :

La mer Noire dans les Grands Lacs

Annie Lulu, Julliard, 2021, 19 €

Nili Makasi s’adresse à son fils qui naîtra dans quelques heures. Elle lui raconte la Roumanie des années 1990, aux relents fascisants et au racisme profond dans laquelle elle grandit auprès de sa mère, Elena Abramovici, intellectuelle juive âpre et exigeante.

De son père, étudiant zaïrois, rentré au pays peu de temps après sa naissance, elle hérite d’un patronyme « exotique » et du statut de mulatra.

Le quartier cosmopolite de Château-Rouge à Paris, où Nili débarque pour poursuivre la rédaction de sa thèse, sera le point de départ d’une quête des origines paternelles, qui la mènera jusqu’en République démocratique du Congo.

Un premier roman éblouissant écrit dans une langue rude et poétique à la fois. Un merveilleux coup de poing !