Parure de citadine juive du Maroc

Diadème (taj), ornements d’oreilles (khoras amara), médaillon-oiseau (serdokh) et fibules (tizerzaï)

Fès, Tanger, Tétouan, fin du XVIIIe– début du XIXe  siècle

Or, rubis, émeraudes, perles, émail

Dépôt de la fondation Pro mahJ, legs de Michel Schulmann

Parure de citadine juive du Maroc, Fès, Tanger, Tétouan, fin du XVIIIe– début du XIXe  siècle, dépôt de la fondation Pro mahJ, legs de Michel Schulmann

Parure de citadine juive du Maroc, Fès, Tanger, Tétouan, fin du XVIIIe– début du XIXe  siècle, dépôt de la fondation Pro mahJ, legs de Michel Schulmann

Cette exceptionnelle parure fait partie d’un ensemble d’une dizaine de bijoux en or et pierres précieuses portés par des citadines juives marocaines, légué au mahJ en 2006 par Michel Schulmann.

Les éléments les plus remarquables en sont un diadème articulé (taj) et de lourds ornements d’oreilles accrochés à la coiffure, au niveau des tempes (khoras amara). La parure est complétée par un collier-médaillon à motif d’oiseau (serdokh), à décor de filigranes et d’émeraudes, et des fibules (tizerzaï), servant à retenir un léger voile d’épaule.

Ces pièces pouvaient être remplacées par d’autres types de colliers de type tazra à trois médaillons et des boucles d’oreilles de formes diverses (khras kbach) ou (duwwah el-mehdor) et complétées de bracelets nommés debliz sems ugmar, « soleil et lune », appellation faisant référence à l’usage conjoint d’or et d’argent.

Portée une première fois le jour du mariage la parure faisait ensuite partie de la tenue d’apparat de la femme mariée et témoignait du statut social de sa famille. Pour les plus modestes, il existait à l’intérieur de la communauté une institution de prêt le temps du mariage.

Ces parures étaient l’œuvre d’orfèvres juifs installés dans les villes du Nord. L’histoire de l’orfèvrerie marocaine est d’ailleurs étroitement liée à celle des bijoutiers juifs qui étaient pratiquement les seuls à assurer cet artisanat dans le pays jusqu’au milieu du XXe siècle – leur production s’adressant autant aux femmes juives que musulmanes. Ce quasi-monopole – que l’on retrouve dans tous les pays musulmans du Moyen-Orient et du pourtour méditerranéen – s’expliquait par l’interdit de l’usure auquel l’Islam assimile la vente d’objets travaillés en or ou argent pour un prix supérieur à leur poids, interdit ne s’appliquant pas aux artisans juifs dont la mobilité, voulue ou forcée, a assuré la circulation du savoir-faire.

Le mellah, le quartier juif des villes du Maroc, était aussi celui des artisans et des vendeurs de bijoux dont les modestes échoppes servaient à la fois de boutique et d’atelier, comme en témoignent de nombreuses photographies de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.

L’orfèvrerie citadine se distinguait par l’usage prédominant de l’or, enrichi de perles baroques et de pierres précieuses comme les émeraudes et les rubis, alors que les bijoux des populations rurales étaient réalisés exclusivement en argent, le choix de ce métal se fondant moins sur des considérations financières que sur sa couleur blanche réputée protectrice.

L’orfèvrerie marocaine a été fortement renouvelée dans ses formes par l’arrivée des juifs expulsés d’Espagne en 1492, comptant dans leurs rangs de nombreux bijoutiers. Les villes où ils s’installèrent en nombre, Fès et Tétouan, sont demeurées des phares de l’orfèvrerie citadine au Maroc.

Le répertoire décoratif incluait des aigles, parfois bicéphales, des pigeons et des colombes, souvent en couple. On retrouve aussi ces motifs d’oiseaux sur les broderies d’or des plastrons des « grandes robes » ou sur les décors des contrats de mariage (ketoubbot).

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