Megillah ben Adam

Carole Benzaken (née en 1964 à Grenoble)

Paris, 2011

Encre, mine de plomb, crayon lithographique sur différents supports, numérisés et imprimés sur toile, 0,26 x 31 m

mahJ, don de l’artiste

Carole Benzaken (née en 1964, Grenoble), Megillah ben Adam, Paris, 2011, don de l’artiste

Carole Benzaken (née en 1964, Grenoble), Megillah ben Adam, Paris, 2011, don de l’artiste

Formée à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, Carole Benzaken débute sa carrière en peignant des fleurs, des séries de tulipes alignées frontalement. Par le choix de ce motif codifié, la jeune artiste interroge ce qui sera le sujet essentiel d’une pratique protéiforme : la relation de la peinture à l’image.

Avec la Megillah ben Adam, littéralement « le rouleau du fils de l’homme », Carole Benzaken réalise une œuvre singulière, nourrie de l’étude de l’hébreu ancien et de la lecture des textes bibliques. Marquée par sa visite des camps d’Auschwitz-Birkenau, elle entreprend la réalisation d’un long dessin inspiré par la prophétie d’Ézéchiel décrivant une vallée remplie d’ossements desséchés, puis la résurrection des morts.

Si le rouleau évoquant le déroulement du temps est une forme particulièrement prisée de l’artiste, il rappelle ici ceux de la liturgie juive : le sefer Torah (Pentateuque) et les hamesh megillot ou « cinq rouleaux » – cinq livres de la Bible lus à la synagogue lors des grandes fêtes –, dont seul celui d’Esther a conservé jusqu’à nos jours l’aspect d’un antique volumen. Par sa forme de rouleau, mais aussi par ses effets de cadrage et de zoom sur des détails, l’artiste convoque aussi le cinéma et la pellicule, cette succession d’images qui nourrit notre imaginaire et construit notre mémoire. Cet effet est encore renforcé par le texte qui vient s’inscrire comme en voix off.

Partant du texte biblique (Ézéchiel, 37, 1-14), l’artiste dessine à l’encre ou au crayon des images en noir et blanc inspirées par le texte, mais jamais illustratives. Aux séquences abstraites succèdent des images d’arbres, de forêt de bouleaux – Birkenau signifiant « petit bois de bouleaux » –, d’ossements, puis de jambes bien vivantes. Enfin, pour marquer l’antériorité et le caractère immuable du texte biblique, les lettres hébraïques apparaissent en réserve, au centre de la bande de toile de 31 mètres de long sur laquelle sont reproduits les dessins après numérisation. Sans hiérarchie, le texte et le dessin se lisent dans un même souffle.

Dans un film réalisé en 2015 par Isabelle Filleul de Brohy et produit par la fondation Pro mahJ, Carole Benzaken présente son œuvre et ses intentions depuis son atelier.

Le mahJ conserve deux autres œuvres de l’artiste.

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