La Marchande de journaux à Montparnasse

Chaïm Soutine (Smilovitchi, 1893 – Paris, 1943)

Paris, vers 1925

Huile sur toile, 29x18 cm

Paris, mahJ, don de Claire Maratier

Chaïm Soutine (Smilovitchi, 1893 – Paris, 1943), La Marchande de journaux à Montparnasse, vers 1925, don de Claire Maratier

Chaïm Soutine (Smilovitchi, 1893 – Paris, 1943), La Marchande de journaux à Montparnasse, vers 1925, don de Claire Maratier

Chaïm Soutine naît dans une famille pauvre d’un village de Lituanie, alors dans l’Empire russe. En 1906, avec son ami le peintre Michel Kikoïne (1892-1968),  il suit des cours de dessin à Minsk, puis de 1910 à 1913, tous deux fréquentent l’Académie des beaux-arts de Vilna, où ils rencontrent Pinchus Krémègne (1890-1981).

Arrivé à Paris en 1912, Soutine rejoint Kikoïne et Krémègne à la Ruche, une cité d’artistes proposant des ateliers bon marché, où se retrouvent alors de nombreux étrangers.

Après dix ans de misère, son œuvre est découverte en 1923 par le collectionneur américain Albert C. Barnes qui lui achète de nombreux tableaux. Soutenu par le marchand Paul Guillaume, Soutine connaît du jour au lendemain la célébrité et la sécurité matérielle. Dans les années qui suivent, il va bénéficier d’expositions personnelles dans les galeries Bing (1927), Quatre Chemins (1928), Bernheim-Jeune (1929), et participe à celle de « L’École de Paris » à la galerie de la Renaissance (1929).

Plusieurs témoins ont rapporté que Soutine avait détruit un nombre important de ses tableaux. Il lui arrivait également de les découper pour ne conserver que la partie qui l’intéressait. L’histoire de cette Marchande de journaux est rapportée par Claire Maratier, la fille de Michel Kikoïne. Ce dernier avait convaincu Soutine de ne pas détruire totalement son œuvre et de conserver son visage. Soutine se laissa persuader et l’œuvre fut ensuite vendue par Kikoïne à son médecin, auquel il la racheta par la suite.

Claire Maratier (1915-2013) est à l’origine de la fondation Pro mahJ, créée en 2003 pour soutenir les activités du musée et en particulier ses expositions et ses acquisitions. Généreuse donatrice elle est également à l’origine d’un fonds de dix-huit œuvres de l’École de Paris, émanant d’artistes étrangers arrivés au début du XXe siècle dans la capitale française pour trouver les conditions les plus favorables à l’expression de leur art. Sa donation comporte un autre tableau de Soutine, Paysage de Céret, réalisé par l’artiste en 1919.

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