Khaliastra (La bande)

Marc Chagall (Vitebsk, 1887 – Saint-Paul-de-Vence, 1985)

Peretz Markish (Polonne, 1895 – Moscou, 1952)

Oser Warszawski (Sochaczew, 1898 – Auschwitz, 1944)

Paris, 1924

Revue imprimée, 21,7 x 18 x1,5 cm

mahJ, don de Lydie Lachenal

Khaliastra, numéro 2 de la revue, Paris, 1924, illustration de Marc Chagall, don Lydie Lachenal

Khaliastra, numéro 2 de la revue, Paris, 1924, illustration de Marc Chagall, don Lydie Lachenal

La revue Khaliastra (la Bande) témoigne du dynamisme des revues artistiques yiddish qui rassemblent écrivains, poètes et artistes tout au long des années 1920. Sa parution à Paris en 1924, après un premier numéro publié à Varsovie deux ans plus tôt, souligne également les déplacements des artistes engagés dans le renouvellement de la culture juive.

Tandis que le premier numéro réunissait une quinzaine d’auteurs et d’artistes incarnant toute la palette de la modernité yiddish, l’édition suivante se réduit à deux écrivains de talent, Peretz Markish (1895-1952) et Oser Warszawski (1898-1944), accompagnés par le poète futuriste italien Paolo Buzzi (1874-19556) et le peintre Marc Chagall (1887-1985).

Ce numéro présente des œuvres de grande qualité : Jours de semaine, un long poème de Peretz Markish et L’Uniforme, une nouvelle à la tonalité sombre d’Oser Warszawski. Le lien entre les deux numéros de Khaliastra passe aussi par la fidélité de Marc Chagall qui réalise les illustrations, rédige un texte biographique et dessine une couverture originale représentant des personnages escaladant la Tour Eiffel pour dérouler une bannière au nom de « Khaliastra », tout en brandissant un drapeau marqué de l’inscription « Paris » en yiddish.

Si, comme la plupart des revues yiddish d’avant-garde de cette époque, Khaliastra connaît une existence éphémère, elle correspond à un moment phare de la modernité juive. En 1926, Peretz Markish rentre définitivement en Union soviétique et participe aux activités du comité antifasciste juif. Il sera l’une des victimes de « la nuit des poètes assassinés », le 12 août 1952, lors de laquelle treize écrivains et d’intellectuels de langue yiddish furent exécutés à Moscou par le pouvoir stalinien.

Oser Warszawski prolongera l’expérience de Khaliastra par la publication en 1925 d’une Revue Littéraire en yiddish avec la collaboration fidèle de Marc Chagall. Proche des artistes de Montparnasse, il se met à dessiner et à peindre et poursuit l’écriture de nouvelles qui seront publiées dans des revues yiddish à Varsovie, Berlin, Londres et New-York. Déporté à Auschwitz, il meurt assassiné le 10 octobre 1944 à l’âge de 46 ans.

Cet exemplaire de la revue a été conservé par Marie Warszawski, épouse d’Oser Warszawski, mère de la donatrice, Lydie Lachenal. Elle vient compléter un riche fonds de revues littéraires yiddish des années 1920 : Eygns (Kiev 1920), Freyd (Kiev 1923), Albatros (Varsovie 1922, Berlin 1923), Der Pruv (Vilnius 1925).

La revue Khaliastra a été traduite en français en 1989 et publié par les éditions Lachenal et Ritter.

Sur le même thème

Chaïm Soutine (Smilovitchi, 1893 – Paris, 1943), La Marchande de journaux à Montparnasse, vers 1925, don de Claire Maratier
Art moderne

Chaïm Soutine (Smilovitchi, 1893 – Paris, 1943)

Paris, vers 1925

Jules Pascin (Vidin, 1885 – Paris, 1930), Les Petites Américaines ou Les Demoiselles américaines, États-Unis, 1916

Huile sur toile, 60,2 x 73 cm. Don de Claire Maratier
Art moderne

Jules Pascin (Vidin, 1885 – Paris, 1930)

États-Unis, 1916

Chana Orloff (Tsaré-Constantinovska, 1888 – Tel-Aviv, 1968), Le Baiser ou La famille, Paris, 1916, don de la famille Justman-Tamir
Art moderne

Chana Orloff (Tsaré-Constantinovska, 1888 – Tel-Aviv, 1968)

Paris, 1916