Boîte à aromates (bessamim) avec chandelier

Est de la France ou Allemagne, fin du XVIIIe ou du début du XIXe siècle

Argent et métal argenté, 31,5 x 8,8 cm

Don anonyme

Boite à aromates (bessamim) avec chandelier, fin du XVIIIe ou début du XIXe siècle

Boite à aromates (bessamim) avec chandelier, fin du XVIIIe ou début du XIXe siècle

Le samedi soir, la cérémonie de la havdalah ou « séparation » accompagne les adieux au shabbat et le retour au temps profane. Une bougie tressée est allumée pour signifier le retour au monde créatif, puis éteinte avec du vin prélevé d’une coupe. Pendant ce temps, tous les membres de la famille respirent des parfums (bessamim), se préparant ainsi à affronter la semaine à venir. Ce type d’objet combinant une boîte et un chandelier coulissant le long de quatre tiges en fonction de l’usure de la bougie correspond à une typologie ashkénaze très spécifique, développée à partir de la fin du XVIIe siècle dans tout le sud de l’aire germanique, de Francfort à Nuremberg, puis jusqu’en Suisse et en Alsace-Lorraine.

Comme beaucoup d’objets juifs fabriqués par des artisans chrétiens, cet exemplaire présente une juxtaposition d’éléments hétéroclites : une base en piédouche portant des poinçons mal insculpés, la seule partie en argent véritable ; un boîtier rectangulaire équipé d’un petit tiroir divisé en quatre compartiments pour le rangement des épices, avec un couronnement de guirlandes végétales et quatre petites figurines en ronde-bosse qui ont été « judaïsées » par l’ajout d’un attribut correspondant chaque fois à un ustensile utilisé lors de la havdalah : une bougie, une boîte à quatre compartiments, une coupe et un pichet de vin ; enfin quatre tiges destinées à permettre le coulissement de la bougie, ces dernières étant amorties par deux mains bénissantes – motif désignant un descendant présumé d’Aaron – sans doute ajoutées à la demande du commanditaire. Les clochettes accrochées aux angles inférieurs de la boîte, évoquent celles du costume du grand-prêtre et les sacrifices au Temple qui incluaient l’offrande de parfums.

Sur le même thème

Manteau de femme juive, Boukhara, Ouzbékistan, début du XXe siècle
Vie quotidienne

Boukhara, Ouzbékistan, début du XXe siècle

Poterie Chemla, panneau de revêtement mural, Tunis, vers 1920

Céramique polychrome, 121 x 68 x 4 cm
Vie quotidienne

Poterie Chemla (vers 1880-1966)

Tunis, vers 1920

Coiffe traditionnelle de femme juive algérienne (sarmah), XIXe siècle,

Fils d’argent, 20 × 83,5 × 17 cm. Don des familles Oualid et Scali
Vie quotidienne

Alger, XIXe siècle