Arche sainte miniature (aron qodesh)

Vienne, 1707

Argent repoussé, ciselé, doré et verroterie colorée, 56 x 21 x 14,5 cm

Dépôt du musée de Cluny-musée national du Moyen Âge, Paris, collection Strauss, don de Charlotte de Rothschild

Arche sainte, Vienne, 1707

Arche sainte, Vienne, 1707

Servant comme toutes les arches saintes à conserver les rouleaux de Torah, ce type d’arche miniature était utilisé par de riches particuliers pendant leurs voyages ou dans leur oratoire privé, cet exemplaire étant accompagné d’un étui de protection en cuir gaufré facilitant son transport. Objet exceptionnel, il a été acquis au milieu du XIXe siècle par le chef d’orchestre et compositeur Isaac Strauss (1806-1888), et donné après sa mort avec les autres pièces de sa collection au musée de Cluny par la baronne Charlotte de Rothschild.

La petite armoire, en argent partiellement doré, est ornée d’incrustations de verre imitant des pierres précieuses. Reposant sur quatre pieds, elle est dotée de portes arrondies, en forme de Tables de la Loi et surmontée d’une triple couronne, symbolisant les trois couronnes de la Torah, de la prêtrise et de la royauté.

Elle porte les poinçons autrichiens de la ville de Vienne en 1707 et de l’orfèvre viennois Caspar Zacharias Raiman (actif à partir de 1692), ayant probablement été exécutée pour Samson Wertheimer (Worms, 1658 – Vienne 1724). En effet, le rouleau de Torah conservé à l’intérieur est protégé par une bandelette (mappah) brodée du nom de son petit-fils, Joseph ben Simon Wolf Wertheimer.

Allié à la puissante famille des Oppenheimer, Samson Wertheimer est le prototype du « juif de Cour ». Banquier en même temps que rabbin de la ville d’Eisenstadt, il s’installe à Vienne en 1684 et devient le financier des empereurs Léopold Ier, Joseph Ier et Charles VI. Jouissant d’une grande influence, il intervient en faveur des communautés juives menacées, à Worms, Francfort et Rothenburg, ou encore de celles de Hongrie, ravagées par la guerre, avant d’être nommé grand rabbin de Hongrie. Philanthrope et érudit, il fait construire des synagogues, finance des écoles talmudiques et l’impression d’une édition complète du Talmud à Francfort-sur-le-Main (1712-1722).

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