Médaillon

Tétouan, Maroc, 
18e siècle, 4e quart
Inv.
D.2006.02.005
Bijoux
Médaillon
Serdokh
Médaillon
Dimensions :
H. 13 - L. 9 cm
Filigrane d'or, perles fines, émeraudes.
Dépôt de la Fondation Pro-Mahj, 
Legs de Michel Schulmann

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Description

Un médaillon en filigrane d'or représentant un oiseau à deux têtes, orné de perles fines et d'émeraudes. Deux anneau d'attache sont fixés des deux côtés.

Publication :
1. Aviva Muller-Lancet, Dominique Champault, La vie juive au Maroc, éditions Stavit, 1986, p. 242. 2. Marie-Rose Rabaté, Parures. Bijoux des juifs du Maroc, éd. MAHJ, Paris, 1999, illustration n° 19.

Ce médaillon, comme un certain nombre d'autres bijoux citadins anciens, diadèmes, bagues, portent un motif en forme d'oiseau dont l'origine est attribuée aux orfèvres juifs. Ces oiseaux sont assez souvent identifiables : on reconnait des aigles, parfois bicéphales (comme c'est le cas pour ce médaillon-ci), et des pigeons ou des colombes, par couple, sur les diadèmes. Il est certain que ces motifs font partie du répertoire décoratif de l'artisanat juif, puisqu'on trouve des aigles bicéphales et des couples de pigeons ou de colombes dans la broderie d'or de plastrons de "grandes robes", et que des colombes apparaissent dans les enluminures de contrats de mariage. Il est difficile de déterminer si ces bijoux ornés d'oiseaux étaient originellement destinés aux seules femmes juives, à cause d'un refus dans les arts décoratifs islamiques marocains.
Les pendentifs de ce type sont très rares et sont considérés comme des réminiscences hispaniques véhiculés au Maroc par les bijoutiers juifs. De rares exemples qui ont accompagné dans leur exode certaines familles circulent encore à l'occasion de mariages, lors desquels il est de coutume de les prêter.