Max Nordau

ROUKHOMOVSKY, Salomon
Paris, France, 
1905-1915
Inv.
2016.16.004
Sculpture
Portrait en médaillon
Dimensions :
D. 25,5 - Ep. 3 cm
Plâtre, anneau métallique de fixation
mahJ

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Description

Ce plâtre représente le portrait en buste de Max Nordau, tourné vers la droite et vu de trois quarts. A gauche, à droite et sous le portrait, des inscriptions hébraïques gravées sont visibles.

Inscriptions
מכס נרדוי
Max Nordau

Médecin et écrivain, Max Nordau (Simon Maximilian Südfeld ; Budapest, 1849-1923) passa la plus grande partie de sa vie à Paris où il s’installa en 1880. De 1880 à 1891, il fut le correspondant du journal viennois Neue Freie Presse. Il publia également des critiques de théâtre et d’opéra, servit aussi de correspondant à d’autres journaux.
Adepte des théories de Cesare Lombroso, Nordau centra sa réflexion politique sur l’idée de régénération ou plutôt de « dégénérescence » qui sera d’ailleurs le titre de son livre le plus connu Entartung, publié en 1892 dans lequel il associe une vision organique médicale de la société à la critique sociale selon laquelle l’urbanisation engendrerait la décadence morale, culturelle et physique de la société qu’il qualifie de « fin de siècle ». C’est avec cette approche et suite à l’affaire Dreyfus, que Nordau déclare la faillite de l’Emancipation des juifs en Europe occidentale et décide de combattre l’antisémitisme par la voie politique ; il devient le théoricien de la régénération morale et physique des juifs de la diaspora par leur retour aux sources culturelle, spirituelle et territoriale de la nation juive. Nordau est très lié à Theodor Herzl qui l’a remplacé à Paris comme correspondant de la Neue Freie Presse, et c’est ensemble qu’ils fondent le mouvement sioniste dont l’événement inaugural sera le premier congrès sioniste qui eut lieu à Bâle du 29 au 31 août 1897.
Le dessinateur et sculpteur Salomon Roukhomovsky est un des fils de l’orfèvre Israël Roukhomovsky [Mozyr (Lituanie), 1860 – Paris, 1934] d’Odessa. Ce dernier est resté dans les mémoires françaises comme le créateur de la célèbre « tiare de Saïtapharnès », un splendide faux antique fabriqué sur commande en 1894 et vendu au musée du Louvre en 1896. Lorsque l’escroquerie fut rendue publique, Israël Roukhomovsky contribua à prouver les faits. Orfèvre de très grand talent, il s’installa à Paris avec sa famille. Son travail fut admiré par nombre de collectionneurs – il exécuta de très belles boîtes et coffrets en métaux précieux, richement décorés ; on lui décerna d’ailleurs une médaille d’or au Salon des arts décoratifs de Paris.
Salomon Roukhomovsky est beaucoup moins connu que son père et l’on ignore ses dates exactes de naissance et de mort, ou son lieu de naissance, mais on sait qu’il vivait encore en 1950. Cependant on connaît quelques-unes de ses œuvres, dont certaines se trouvent aujourd’hui dans les collections du musée d‘Art moderne de Tel-Aviv. Le musée possède dans ses collections une carte postale dessinée par l’artiste ; intitulée « Ha-marshavah ha-aharonah » (la dernière pensée) elle montre Herzl sur son lit de mort, bras tendu pointant dans la direction de la terre d’Israël à un peuple juif accablé au pied de son lit. La légende reprend une phrase du livre de Herzl L’Etat des juifs. On connait quelques-uns des dessins dont on fit des cartes postales publicitaires pour le KKL (Qeren Qayyemet le-Yisraël, Fonds national juif). Comme son père Israël et son frère Jacob (également sculpteur), Salomon Roukhomovsky fut un membre très actif du mouvement sioniste en France. Il collabora aux journaux sionistes français (La Renaissance juive, L’Écho sioniste, Le peuple juif) par des articles mais aussi par des caricatures. En Allemagne, ses dessins paraissent dans la revue culturelle juive berlinoise Ost und West. « Le Sionisme », écrit-il en 1915 dans la revue La Renaissance juive, « est pour le Juif moderne l'expression de son sentiment national au même titre que la religion l'était pour le Juif de jadis. ». Roukhomovsky semble donc avoir déployé une extraordinaire activité de publiciste et de militant. Les archives de l’Académie Bezalel le donnent aussi comme ayant été enseignant à l’école à la demande de Boris Schatz, mais cela reste à vérifier.
Dernière information révélatrice de la vie de l’artiste, la bibliothèque de son appartement du XVIe arrondissement parisien, qui ne contenait pas moins de 2 000 volumes comprenant des classiques français, des dictionnaires, des livres d'art et de musique, fut entièrement pillée et seuls 256 volumes lui furent restitués en 1950 (cf. liste des spoliations établie en 2011 par la Commission des Archives juives).