Marchand de chevaux la main ouverte

LEVY, Alphonse
, Marmoutier, 1843 - Alger, 1918
Paris, France, 
19e siècle, 3e quart
Inv.
2017.15.002
Dessin
Marchand de chevaux la main ouverte
Dimensions :
Feuille : H. 47,5 - L. 30,5 cm
Dessin à la mine de plomb sur papier.
mahJ, 
don de la Fondation Pro mahJ

Pour toute demande de reproduction veuillez contacter la photothèque.

Description

Sur le recto : dessin d'un homme de face, portant une casquette et une veste déboutonnée, levant la main droite comme pour expliquer quelque chose. Il a l'air habité.
Sur le verso : dessin au crayon léger de silhouettes d'hommes.

Alphonse Jacques Lévy (Marmoutier, 1843 – Alger, 1918) est un peintre et dessinateur juif d’origine alsacienne, il est le fils d’un marchand de bétail qui quitte Marmoutier après les émeutes antisémites de 1848 pour s’installer à Strasbourg avec sa famille où il devient élève au lycée impérial. A 17 ans, passionné par le dessin, il part pour Paris où il devient l’élève de Jean-Léon Gérôme et se lie d’amitié avec Carolus-Duran. Admirateur de Rembrandt mais aussi d’Honoré Daumier, Lévy est, dès l’âge de 22 ans, un dessinateur et un caricaturiste recherché ; il publie ses dessins dans de nombreuses revues parisiennes. Hostile à Napoléon III, il est connu pour ses charges féroces publiées par divers journaux satiriques et qu’il signe du pseudonyme de Saïd. En 1871, il affiche son soutien à la Commune, dont nombre de partisans seront déportés en Algérie par le gouvernement de la 3ème République.
Sous la 3ème République, le talent de l’artiste est confirmé par sa participation régulière aux Salons et les éloges que l’on fait de ses œuvres, notamment de celles touchant au judaïsme alsacien. Il est aussi un excellent lithographe ; ses lithographies entrent dans les collections du Musée du Luxembourg et rencontrent aussi l’approbation d’un public amateur.
Alphonse Lévy a consacré une part importante de son œuvre à l’évocation d’un mode de vie juive en voie de disparition : il réalise une série de peintures, dessins et lithographies sur la vie juive alsacienne. L’artiste illustre le livre de Léon Cahun "La Vie juive" paru en 1886 puis certaines scènes du livre de Sacher Masoch "Contes de la vie juive" publié en France en 1888. Les principales lithographies réalisées par Alphonse Lévy seront rassemblées et publiées par ses soins à Paris, chez Félix Juven, en 1902 dans un recueil qu’il intitule "Scènes familiales juives" — une série qui fait écho à l’œuvre "Bilder aus dem altjüdischen Familienleben" du peintre allemand Moritz Daniel Oppenheim —, et pour laquelle Bernard Lazare rédigera une préface. Dans les années 1890, Levy découvre les juifs d’Afrique du Nord et plus particulièrement ceux d’Algérie. À Alger, à Constantine, le peintre témoigne de ce qu’il voit par des dessins, des peintures et parfois des récits parus dans la presse. En 1894, Lévy écrit "Les Psalmistes d’Alger", un texte sur la synagogue des Psalmistes, une des plus anciennes synagogues d’Alger, et crée une série de dessins tels "L’Aveugle dans la synagogue", dont l’aboutissement sera une huile sur toile mais aussi un ensemble de lithographies. Parmi ces études, de touchants portraits évoquent le dénuement et la piété des vieillards que Lévy observe avec tendresse.
Lévy fut un artiste complet, peintre, graveur et illustrateur, qui sut se faire une place dans le monde de l’art de son temps. Si certaines de ses œuvres ont été désapprouvées par les juifs de son époque qui n’y voyaient qu’une description dépréciatrice d’une dignité qu’ils cherchaient à affirmer, les artistes et écrivains juifs de son temps (notamment Léon Cahun et Bernard Lazare) ont reconnu en lui un artiste intègre et moderne, dévoué à évoquer et servir la cause des juifs et du Judaïsme au sein de la culture républicaine française avec empathie et tendresse.

Historique
Vente Ader, Paris, 4 mai 2016, lot 334