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Le poète David Knut

LOCHAKOW, Ary Arcadie ( Argeïev, Bessarabie, 1892 - Paris, 1941 )
Paris, France,
1923
Inv.
2020.27.001
Peinture
Tableau
Dimensions :
H. 92 - L. 73 cm
Huile sur toile
mahJ

Pour toute demande de reproduction veuillez contacter la photothèque.

Justification de la date
Date inscrite sur l'objet
Historique
Ary Arcadie Lochakow est un artiste aujourd’hui méconnu de l’École de Paris, mais cette œuvre est très certainement son chef-d’œuvre, ou du moins la plus représentée. Ce portrait du poète David Knout revêt aussi un intérêt majeur pour la personnalité du modèle et son rôle futur dans la résistance juive et le sauvetage des juifs sous l’Occupation.
Ary Arcadie Lochakow nait à Argeïev en Bessarabie (ancien Empire russe et actuelle Moldavie) d’un père photographe. Il étudie d’abord la peinture aux Beaux-Arts d’Odessa, puis il s’installe à Paris en 1920 avec son ami et compatriote le poète David Knout. Pour gagner sa vie, il travaille dans un studio de photographe. Parallèlement il expose régulièrement ses œuvres au Salon des Indépendants, au Salon d’Automne et au Salon des Tuileries. En 1932 la galerie Haussmann à Paris lui organise une exposition. On trouve également sa présence dans l’exposition d’art français de l’Exposition internationale de 1937 à Paris.
En 1923, Arcadie Lochakow réalise le portrait de son ami David Knout et de son épouse, Ariane, fille du compositeur Alexandre Scriabine, installés comme lui à Paris et figures de l’émigration russe. Cette œuvre singulière, étrange et poétique, plait certainement beaucoup, puisqu'il décide de la présenter au Salon des Indépendants en 1923, puis en 1934.
La personnalité du modèle est bien connue, poète et journaliste de langue russe, David Knout, pseudonyme de Douvid Meïerovitch Fixman, est né en 1900 à Orhei en Bessarabie. Il publie dans de nombreux périodiques, crée la revue "La Nouvelle Maison" et participe en 1925 à l’Union des jeunes poètes, organisation qui soutient le travail des hommes de lettres russes en exil à Paris. Durant la Seconde Guerre mondiale, David Knout lutte avec sa femme Ariane au sein de la résistance juive. Avec Abraham Polonsky, il cofonde La Main forte (nom tiré du livre de l’Exode : « L’Eternel nous a fait sortir du pays d’Egypte d’une main forte »), organisation secrète qui se consacre à faire sortir les juifs des camps d’internement français, et qui deviendra en 1942 l’Armée juive, participant activement à la Résistance et la Libération au sein des FFI. Son épouse Ariane s’engage également dans la Résistance et sera assassinée à Toulouse par la Milice dans le cadre de ses activités au sein de l’Organisation juive de combat. En 1947, David Knout publie "Contribution à l'histoire de la la Résistance juive en France, 1940-1944" (Paris, éditions du Centre, 1944). Il devient rédacteur du "Bulletin du Centre de documentation juive contemporaine" puis du " Monde juif" en 1946. Il émigre en 1949 en Israël, où il meurt en 1955 d’une tumeur au cerveau.
Provenance
Achetée avant-guerre par un proche de Lochakow, le mathématicien Arnaud Denjoy (1884-1974), qui soutenait son travail et qui a réuni un ensemble de ses peintures, l’œuvre a été transmise par succession.
Description
Dans un intérieur, un poète David Knout, représenté en buste, tient dans sa main droite une marguerite, symbole de fidélité et d'amitié, et le visage de son épouse dans le creux de son bras gauche. En arrière plan, au pied d'un miroir, une console avec boîte, livres et une statuette.
Signature
"A. Lochakow 1923" en bas à gauche
Inscriptions
Etiquette ancienne d'exposition avec l'inscription manuscrite ""Ar Lochakow, 38 rue du vieux Pont de Sèvre Boulogne" et le titre "poète Knut"
Bibliographie
"Hersch Fenster, Undzere farpainkte Kinstler" (« Nos artistes martyrs), Paris, 1951 (en yiddish), œuvre reproduite p. 116.

"Les artistes juifs de l’École de Paris 1905-1939", sous la direction de Nadine Nieszawer, Paris, Somogy, 2015, œuvre reproduite p. 217.