Histoire des hosties miraculeuses

FRUYTIERS, Louis Joseph
, Malines, 1713 - Anvers, 1782
GRIFFET, Henri
Bruxelles, Belgique, 
1770
Inv.
2007.24.001
Livre imprimé
Histoire des hosties miraculeuses
Dimensions :
H. 18 - L. 11 - Ep. 2,3 cm
Gravures sur cuivre sur papier velin, certaines plus grandes que l'ouvrage et pliées, impression. Annotations manuscrites à l'encre. Couverture cartonnée recouverte de cuir.
mahJ

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Description

Volume relié, 124 pages numérotées, 11 pages non numérotées. Inscriptions manuscrites. Illustrations gravures pleines pages comme suit: Frontispice; 1: p.1; 2: p.9; 3: p19; 4: p.21; 5: p.22 ; 6: p.24; 7: p.25; 8: p.35; 9: p.37; 10: p.38; 11: p.45: 12: p.48; 13: p.49; 14: p.57; 15: p.77; 16: p.79; 17: p.83; feuille dépliante, p.101; 18: p.123; 5 illustrations numérotées dans le désordre en fin d'ouvrage.

Edition :
J. Van den Berghen
Inscriptions
Recto de la page de frontispice, liste de 13 noms de femmes avec Note: "Borcken 18ten [28ten ? ] Mertz 1795 im kloster Marienbrinck" et en transversale, écriture différente "Librio vois S. J. Goman./ De Longueville qui m'appartiens depuis le ??? mai 1803". Inscription manuscrite sur la dernière page: "Ce livre appartient à L. Gomand depuis la vendition de la bibliotheque du reverend père Lig(n)y ? en son vivant cave de morendais 1 nov 1805[???]"

Récit de la légende du Saint Sacrement de Bruxelles et de la profanation de la sainte hostie, inventée au 15e siècle à Bruxelles.Les illustrations font référence par les costumes, à cette époque.Voir le dossier thématiques sur l’anti-judaïsme chrétien à la Conservation du MAHJ.

Comparer avec le commentaire de la librairie de livres anciens L'oiseau lire ( www.loiseaulire.com/Anciens/Griffet;html )
exemplaire mis à prix 375 euros.
[GRIFFET (Henri)]. Histoire des hosties miraculeuses qu'on nomme le très saint sacrement de miracle.
Qui se conserve à Bruxelles depuis l'an 1370 & dont on y célèbre tous les cinquante ans l'année jubilaire.
A Bruxelles, Chez J. Van den Berghen, Libraire & Imprimeur, rue de la Magdelaine, M. DCC. LXXX. [1770]
In-8° (115 ´ 180 mm.) plein veau d'époque, dos à 5 nerfs orné 124 (y compris le titre portant la signature manuscrite de l'éditeur), [7 (approbation, privilèges)], [1 bl.] p., planches hors texte gravées par Louis Fruijtiers (1 frontispice dépliant, 18 gravures à pleine page numérotées de 1 à 18, 7 planches dépliantes in fine et la grande planche dépliante du reliquaire), un bandeau et la représentation d'une pièce dans le texte.

Historique
Le doute subsiste quant à l'identité de l'auteur de ce livre. Albert Kayenbergh prétend qu'il ne faut pas confondre le jésuite liégeois Henri Griffet qui publia une Histoire des négociations secrètes de la France avec la Hollande qui précédèrent le traité d'Utrecht ainsi que d'autres écrits relatifs à l'histoire de France et à l'histoire romaine, avec un homonyme français, également jésuite, qui donna une édition de l'Histoire de France du père Daniel en 17 volumes ainsi que d'autres ouvrages publiés lors de son exil en Belgique suite à la suppression de la Société de Jésus en France. Louis-Joseph Fruytiers (Malines, 1713 - Anvers, 1782) fut graveur sur cuivre et marchand d'estampes. Il fut élu doyen de la Sint-Lucasgilde en 1753. Il eut une abondante production et réalisa notamment des images pieuses et des ex-libris. Édité à l'occasion du Jubilé qui célébrait le quatre centième anniversaire du culte voué au Saint-Sacrement de Miracle, l'ouvrage narre le complot ourdi par Jonathas (un juif demeurant dans la ville d'Enghien) qui chercha « avec quelqu'un autres Juifs ses amis, l'occasion & le moyen pour obtenir [...] quelques Hosties consacrées ; afin de pouvoir effectuer la haine mortelle et implacable, étancher sa soif sanguinaire, & renouveller les injures de ses iniques & insensez Ancêtres, en la personne de Jesus-Christ. » Une fois le forfait accompli et après quelques péripéties, l'ouvrage montre les juifs assemblés dans la Synagogue de Bruxelles, le 4 avril 1370, jour du Vendredi Saint, se livrant aux pires blasphèmes et poignardant les Saintes Hosties desquelles se répandit un « Sang Miraculeux ». Effrayés par ce miracle, les juifs bruxellois décidèrent de se débarrasser des hosties et chargèrent une certaine Catherine « d'envoyer le Ciboire à Cologne, à ceux de leur Nation qui y demeuroient. » Catherine n'exécuta pas sa mission et remit le précieux ciboire à son curé. Le châtiment des juifs fut bien évidemment terrible et la sentence de mort fut rendue la veille de l'Ascension de l'an 1370 ; les juifs furent brûlés vifs. S'ensuit la description du culte rendu aux hosties et des menaces qui au cours des siècles menacèrent ce « thresor incomparable du Très-Saint Sacrement de Miracle » qui fut « préservé des mains des Huguenots & Heretiques pendant les troubles & pillages, malgré toutes les perquisitions & recherches (que ces infames Sacrileges, Briseurs d'Images & Voleurs d'Eglises, & de tout ce qu'il y avoit de plus Sacré) ont faites pour decouvrir cet inestimable Thresor... » L'antisémitisme fut nourri par la légende des hosties miraculeuses : du XIIIe au XVe siècle, on recense (en Allemagne, Autriche, Espagne, Tchécoslovaquie, Pologne, Portugal, France et Belgique) 28 cas d'accusation de profanation d'hosties par des juifs. Élisée Reclus fait allusion à l'épisode bruxellois en écrivant : « Et n'a-t-on pas vu, encore, en 1898, le 17 juillet, le catholicisme officiel représenté par les plus hauts dignitaires de l'Église, célébrer en pompe solennelle, les souvenirs d'un autodafé de cinq Juifs, brûlés après tortures, sur une des places de Bruxelles ? Sous prétexte de congrès eucharistique et d'une fête architecturale, l'Église, après un laps de cinq siècles, s'est déclarée solidaire d'un abominable crime, produit de la plus ridicule ignorance, car ces Juifs étaient accusés d'avoir poignardé des hosties desquelles ruissela le sang de l'Homme-Dieu. En nos siècles de lumière, malgré la prétendue séparation des pouvoirs, les tribunaux et les administrateurs se mettent encore très volontiers au service de l'Église pour condamner ses ennemis. »