Histoire de Martin et Karl Flinker I

TOLEDO, Francisco
, Oaxaca, Mexique 1940 - 2019
Paris, France, 
1963
Inv.
2020.16.001
Dessin
Aquarelle
Dimensions :
H. 50 - L. 65 cm
Aquarelle et encre sur papier.
mahJ, 
don à la mémoire de Karl Flinker

Pour toute demande de reproduction veuillez contacter la photothèque.

Publication :
37ème Salon de Montrouge en 1992, Hommage à la galerie Flinker.
Inscriptions
étiquette de la Galerie Karl Flinker N° 52

Francisco Toledo est un peintre et sculpteur mexicain de la minorité zapotèque. Il a suivi le chemin de son compatriote Diego Rivera en quittant le Mexique en 1960 pour venir passer ses années de formation à Paris. Il retourne dans son pays d’origine en 1965, où il promeut la culture et l’héritage culturel mexicain en se nourrissant de l’histoire et de l’imaginaire indigène. Il est considéré comme l’un des artistes contemporains mexicains les plus importants de sa génération.
Par son sujet, cette œuvre occupe une place particulière dans son travail. Il la réalisa à Paris après que Karl Flinker lui ait raconté l’histoire de sa famille. L’artiste en fit une interprétation très personnelle qu’il lui offrit.

Cette œuvre illustre l’exil de Martin et Karl Flinker. Originaire de Vienne en Autriche, Martin Flinker (1895-1986) y dirigeait une librairie avant de s’exiler en 1938 avec son fils Karl (1923-1991). Il fut un acteur important de la littérature allemande en France à travers les activités de sa fameuse librairie, située au 68 quai des Orfèvres. Ami de Thomas Mann, il redevint pour lui éditeur et publia notamment "Appel aux Allemands" (1948). Lieu de rencontre des passionnés du livre, parmi lesquels Paul Eluard et Colette, la librairie Flinker fut également réputée pour ses Almanachs, auxquels collaborèrent de prestigieux écrivains. Martin Flinker est, par ailleurs, l'auteur d'essais critiques sur Thomas Mann, Robert Musil et Joseph Roth.

L’histoire de sa fuite de l’Allemagne nazie à travers l’Europe avec son fils Karl n’est connue que de ses intimes. Après l’Anschluss, en mars 1938, Flinker essaie en vain de vendre sa librairie. Il séjourne quelque temps en Suisse. N’arrivant pas à acquérir de visa, il s’enfuit à Paris avec son fils Karl, âgé de 14 ans. Sa femme tente de se réfugier chez sa famille, en Tchécoslovaquie.
Vivant entretemps à Caen, Flinker tente de vivoter avec des travaux occasionnels. Au moment de l’attaque de l’Allemagne contre la Pologne, il est interné à Falaise. Après l’invasion allemande en France, Flinker et son fils s’enfuient de nouveau. Faisant halte à Bordeaux et Bayonne, ils réussissent à passer la frontière espagnole, et arrivent à Tanger, une zone internationale relativement libre à l’époque.C’est là, en août 1945, que Flinker reçoit la nouvelle du décès de ses parents et de sa femme dans les camps de concentration de Theresienstadt et Auschwitz.
Expert de Kupka, le donateur de cette aquarelle a également repris et dirigé l’ancienne galerie Flinker rue de Tournon, ouverte par Karl Flinker dans les années 1960 qui contribua à la défense et à la reconnaissance de nombreux artistes : Kupka, Klee, Kandinsky, Hélion, Fred Deux, Arroyo, Klein, ainsi que Francisco Toledo.

Historique
Galerie Karl Flinker