Herzl

SCHATZ, Boris
, Vorno, 1867 - Denver, 1932
Jérusalem, Israël, 
1950
Inv.
2016.30.001
Objet de la vie quotidienne
Plaque commémorative
Dimensions :
H. 5,9 - L. 7,1 - Ep. 0,3 cm
Cuivre repoussé argenté
mahJ, 
don du Boris Schatz Bequest

Pour toute demande de reproduction veuillez contacter la photothèque.

Description

Plaque rectangulaire avec arche en partie supérieure. Au centre, portrait d'un homme barbu de profil regardant vers la gauche. A droite, tablette représentant Moïse debout s'agrippant à un bâton; à gauche, tablette comportant un texte hébraïque tiré de "L’État des juifs" de Théodor Herzl et surmonté d'un chandelier à sept branches. Sous les trois motifs, une ligne de texte hébraïque. Dans les frises supérieure et inférieure, deux mots en hébreu.

Marques :
Poinçon
Inscriptions
לזכר אים תרצו אין זו אגַדה הרצל
En souvenir Si vous le voulez, cela ne sera pas un rêve Herzl
La nouvelle inattendue de la mort de Theodor Herzl (Budapest, 1860 – Edlach, 1904) suscita une énorme émotion parmi les adhérents du mouvement sioniste. La vénération que lui vouaient les masses russes et les pionniers sionistes est évidente si l’on considère l’abondance des témoignages d’admiration qui ne faiblit pas durant les décennies qui précédèrent la création de l’État d’Israël. Les contributions artistiques à la mémoire de Herzl ne se comptaient plus. Il émergea de cette production des œuvres phares à partir desquelles fut codifié le statut quasi légendaire du leader charismatique, ce « nouveau Moïse » fatalement frappé par le destin et qui ne put entrer sur la terre où son peuple avait vocation à s’établir et vers laquelle il l’avait mené. À cet égard, l’emploi du terme « icône du mouvement sioniste » est approprié pour qualifier la dimension symbolique prise par la figure de Herzl en très peu de temps. La plaque réalisée par le sculpteur Boris Schatz (1868-1932), co-fondateur et moteur de l’école des beaux-arts de Bezalel, à Jérusalem, fait partie de ces œuvres iconiques. Composée en trois sections, elle porte en son centre le portrait de profil de Herzl, la tête tournée vers la terre d’Israël. En bas et à gauche, en caractères hébraïques, figurent plusieurs passages du livre de Herzl Der Judenstaat (L’État des juifs) publié en 1896. À droite, on reconnaît la figure de Moïse. Dans son livre de mémoires, Monography (Monographie), Boris Schatz raconte qu’il commença à élaborer cette sculpture du vivant de Herzl, en 1903 et qu’il ne l’acheva qu’après la mort de celui-ci, ajoutant sur la frise supérieure les mots hébraïques « לזכר » (« En souvenir »). Sous la tête de Herzl, les mots de Herzl qui deviendront un ordre de rappel pour tous les sionistes « Si vous le voulez, cela ne sera pas un rêve » (אים תרצו אין זו אגַדה). La date de cette plaque n’est pas claire. L’œuvre existe dès 1904, mais rares sont les exemplaires de cette période (première période de l’école de Bezalel). On en connaît un fabriqué à Vienne (Autriche) en 1925 dans la collection de Ira et Brigitte Rezak, deux autres datés de 1906 à la Maison Boris Schatz de Haïfa et dans collection de judaïca de Max Berger à Vienne ; un quatrième daté de 1915 est actuellement mis en vente par un antiquaire (pour la somme de 4 369 euros), un cinquième datant de 1924 a été vendu US $ 280 par la maison Stack’s le 19 janvier 2005 (lot 2416). On trouve encore des copies datant des années 1950. Toutes ces plaques sont des bas-reliefs, en bronze fondu et moulé et possédant les mêmes dimensions. Reste à savoir si tous ces objets furent fabriqués par Schatz dans le moule original à Bezalel ou s’il fabriqua également des exemplaires à Vienne, - et si oui combien ? Lors de l’exposition Moïse. Figures d’un prophète, la Maison Boris Schatz a offert au mahJ une des plaques de sa collection. Le musée possède actuellement deux portraits gravés de Théodore Herzl par Herman Struck (dont l’un datant de 1903), un portrait en bas-relief par Boris Schatz exécuté en 1905 et un certain nombre d’images publiées par des imprimeurs (affiches, cartes postales, estampes d’art populaire) et dans les brochures, journaux et revues sionistes.
Historique
Provient de la collection de l'artiste