Fibule

Aurès, Algérie, 
19e siècle
Inv.
2012.19.003
Bijoux
Fibule
Fibule
Dimensions :
H. 8 - L. 4 cm
Argent moulé
mahJ

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En Algérie, comme dans d’autres pays d’islam, on assimilait le travail de métaux précieux à de l’usure interdite par l’islam et de ce fait la fabrication des bijoux était assurée par les bijoutiers juifs. Ils travaillaient à la fois pour les femmes juives et musulmanes et leur rôle était déterminant dans l’originalité de l’orfèvrerie ; à la fois conservateurs des techniques anciennes et initiateurs des nouveautés venues de l’étranger. Les artisans juifs souvent circulaient dans le pays suivant parfois les nomades dans leurs déplacements et l’absence d’ateliers fixes explique partiellement une relative unité de la production où se croisent les influences des motifs de bijoux antiques et bédouins.
Cette fibule est un exemple de fabrication rurale car exécuté en argent, contrairement aux bijoux citadins plus souvent fabriqués en or. Il s’agit de bijoux moulés très répandus notamment dans les Aurès. On les obtenait en coulant de l’argent dans des moules puis ils étaient décorés par estampage ou par incision comme c’est le cas ici.
Cette pièce est non seulement une fabrication d’orfèvres juifs mais très certainement à la destination des femmes juives. Le motif central des quatre pièces est l’étoile à six branches, motif juif par excellence. Il s'agit très probablement de la fabrication d'avant la conquête française. Les artisans de la période de l'avant conquête travaillant l’argent possédaient rarement un poinçon. Cette situation a évolué lorsque l’administration française a établi, en 1859, la Garantie obligeant chaque orfèvre d’avoir un poinçon de maitre. Généralement il portait deux lettres initiales du nom de l’artisan et un symbole de son choix. Ces poinçons devaient être insculpés avec son nom sur une planche de cuivre au bureau de la Garantie dont dépendait le bijoutier. Le manque de poinçons et l’usure de la pièce laisse supposer qu’il s’agit d’une production plus ancienne.