Der Judenkirchhof [Le cimetière juif]

RUISDAEL, Jakob van
Allemagne, 
19e siècle
Inv.
IM/0769
Imprimé
Coupure de presse
Dimensions :
H. 20,4 - L. 30,3 cm
Impression sur papier
mahJ

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Description

Paysage de cimetière abandonné, au pied d'une église (?) en ruine, dans un cadre de nature revenue à l'état sauvage.

Inscriptions
"Der Judenkirchhof. Gemälde von Jakob van Ruisdael in der königl[iche]. Gemäldegalerie zu Dresden" [Le cimetière juif. Tableau de Jakob van Ruisdael à la Galerie royale des peintures de Dresde].

Ruisdael travaille sur De Joodse begraafplaats, (Le Cimetière juif) entre 1655 et 1660. Une petite version se trouve à la Gemäldegalerie de Dresde. C'est de celle-ci qu'est inspirée la gravure.
Une autre version, plus grande, sans doute plus achevée, huile sur toile, 42 × 89 cm, se trouve aujourd'hui au Detroit Institute of Fine Arts, Détroit, Michigan. De ces années 50 date le Cimetière juif (Dresde, Gg ; autre version , à Detroit, Inst. of Arts).

Jacob Izaaksz. van Ruysdael (ou Ruisdaal) (Haarlem, vers 1628 - Amsterdam ou Haarlem, 14 mars 1682), est un peintre de paysage néerlandais (Provinces-Unies) du siècle d'or.
Durant ses voyages d’études, il rencontra des paysages plus rudes qui imprégnèrent durablement son œuvre : il se mit à représenter avec une grande régularité des paysages âpres et sauvages, avec des chutes d’eau, des forêts de conifères, et des collines, sous des ciels orageux. Il peignit aussi des paysages sylvestres ayant pour grands motifs centraux des ruines, des moulins à eau et de vieux chênes. Cette période fut également fortement influencée par l’œuvre d’Allart Van Everdingen. À Amsterdam, Van Ruysdael peignit aussi des vues aériennes de la ville et des paysages hivernaux. Quelquefois, des personnages ont pu été introduits dans ses œuvres par ses élèves.
L’œuvre de Van Ruysdael a pour caractéristique qu’elle n'est pas le reflet fidèle de la réalité. Les paysages, composés avec minutie, sont plus poétiques, plus imposants et dramatiques qu'au réel, ce qui contraste avec la plupart des contemporains, lesquels aspiraient à réaliser de belles œuvres un tant soit peu réalistes. Les tableaux les plus importants de Van Ruysdael sont Moulin près de Wijk bij Duurstede (Molen bij Wijk bij Duurstede, ca. 1670) et Le Cimetière juif (De Joodse begraafplaats, 1655-1660). Dans ce dernier, les seuls éléments réalistes présents sont les tombes du cimetière juif d’Amsterdam. La connotation profondément chrétienne est ici évidente. On y perçoit une mélancolie qui renvoie entièrement et de façon saisissante à la « vision tragique » de Giorgione. Le message du tableau est que rien sur terre n’est éternel. Les hommes et tout le reste sont insignifiants. Sur la peinture, même l’église et les tombes sont des ruines. L’arc-en-ciel peut se concevoir comme la promesse de pardon et de salut au moyen de la foi. C’est sur cette idée que le romantisme allait poursuivre, cent cinquante ans plus tard. La différence avec le romantisme, c’est que, chez Van Ruysdael, Dieu est détaché de sa Création plutôt qu’il n’en fait partie. Goethe y vit un admirable dialogue entre les signes de mort et les éléments de vie qui ravissaient en Goethe autant le penseur et le poète que l'artiste et le visuel.