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Chantier dans le petit camp, construction des nouveaux blocks"

TASLITZKY, Boris ( Paris, 1911 - id., 2005 )
1945
Inv.
2017.01.007
Dessin
Dimensions :
Feuille : H. 12,5 - L. 17 cm
Crayon sur papier
mahJ,
don d'Evelyne Taslitzky

Pour toute demande de reproduction veuillez contacter la photothèque.

Historique
Boris Tasslitzky (1911-2005) apparaît aujourd’hui comme une figure française marquante de l’art politique, utilisant la création au service de l’engagement de l’homme dans l’histoire. Né à Paris, de parents russes immigrés après la révolution manquée de 1905, il commence à peindre adolescent et entre à l’école des beaux-arts de Paris en 1928. En 1933, il adhère à l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires puis entre en 1935 au Parti Communiste Français. Dès les années 1930, ses peintures et dessins sont portés par cette volonté de combat pour une société plus juste. Mobilisé lors de la déclaration de guerre, Taslitzky est fait prisonnier et juin 1940. Il parvient à s'évader et s’engage dans la Résistance au sein du Front national de lutte pour la libération et l'indépendance de la France. Il est arrêté en novembre 1941 et condamné à deux ans de prison ; il passe par les prisons de Riom, Mauzac, puis au camp Saint-Sulpice-la-Pointe, où il participe aux activités culturelles clandestines, produisant des peintures et des dessins. En juillet 1944, il est déporté à Buchenwald. Il y réalise plus de deux cent dessins grâce à Pierre Mania, un artiste détenu, qui lui fournit le matériel nécessaire. Ces activités, évidemment interdites, sont couvertes par les organisations clandestines et la solidarité des détenus. L’ensemble rassemble des scènes du quotidien à Buchenwald, de temps de travail, de repos, ainsi que de nombreux portraits, certains esquissés, d’autres particulièrement achevés et d’une présence saisissante, comme ceux, compris dans le don au mahJ, de Julien Cain, haut fonctionnaire, administrateur de la Bibliothèque Nationale, et de Paul Goyard, artiste. Cette œuvre constitue un acte de résistance, et un témoignage inestimable pour la mémoire de la Shoah. L’artiste participe à l’insurrection qui mène à la libération du camp en avril 1945.
Les dessins de Buchenwald sont publiés partiellement en 1946, sur une initiative de Louis Aragon, proche de l’artiste. Après-guerre, Taslitzky devient l’un des principaux représentants, avec André Fougeron, d’une peinture engagée auprès du Parti Communiste, dénonçant entre autres événements les guerres coloniales. Son expérience de la guerre et des camps reviennent régulièrement dans des peintures monumentales, comme La Mort de Danielle Casanova (1949, Musée de l’histoire vivante, Montreuil), ou Le petit camp, Buchenwald (1957, musée de Yad Vashem, Jérusalem).
Cette œuvre a été donné avec onze autres au mahJ par la fille de l’artiste, Evelyne Taslitzky (un de ses premiers autoportraits, ainsi qu’un portrait de sa mère, morte en déportation à Auschwitz, et neuf autres dessins de Buchenwald). Le mahJ avait organisé en 2006 une exposition, « Boris Taslitzky Buchenwald : l'arme du dessin », mais aucune œuvre de cet artiste ne figurait dans les collections du musée.
Description
Une dizaine de prisonniers construisent de nouveaux blocks.
Signature
En bas à droite "Boris Taslitzky, 45"