Boîte pour aromates

Allemagne ?, Est de la France ?, 
18e siècle, 4e quart/ 19e siècle, 1er quart
Inv.
2000.14.006
Objet cultuel
Boîte pour aromates
Boîte pour bessamim ou hadassim, בסמים , הדסים
Dimensions :
H. 31,5 - L. 6 (édicule) - D. (base) 8,8 cm
Argent repoussé /Métal argenté repoussé et fondu
mahJ, 
don anonyme

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Description

Comme beaucoup d’objets rituels fabriqués par des chrétiens – faute d’artisans juifs – cet exemplaire présente une juxtaposition d’éléments hétéroclites :
Une base en piédouche circulaire portant des poinçons mal insculpés, la seule partie en argent véritable.
Un boitier rectangulaire équipé d’un petit tiroir divisé en quatre compartiments pour le rangement des épices, avec un couronnement de guirlandes végétales et quatre petites figurines en ronde-bosse qui ont été « judaïsées » par l’ajout d’un attribut correspondant chaque fois à un ustensile utilisé lors de la havdalah : une bougie, une boite à quatre compartiments, une coupe et un pichet de vin.
Quatre tiges destinées à permettre le coulissement de la bougie amorties par deux bénissantes, motif spécifiquement juif.
Désignant un cohen, descendant présumé du grand-prêtre Aaron, ces mains ont probablement été ajoutées à la demande du commanditaire.
Les clochettes accrochées aux angles inférieurs de la boite, fréquentes sur ce type d’objets, évoquent celles du costume du grand-prêtre et les sacrifices au Temple de Jérusalem qui incluaient l’offrande de parfums.

Marques :
Poinçons mal insculpés

Les boites utilisées pour conserver ces épices sont très variables selon les lieux et les moyens de leurs propriétaires, des plus modestes au plus fantaisistes. Ce type d’objet combinant une boite et un chandelier coulissant le long de quatre tiges en fonction de l’usure de la bougie correspond à une typologie « ashkénaze » très spécifique, développée à partir de la fin du XVIIe siècle dans tout le sud de l’aire germanique, de Francfort à Nuremberg, puis jusqu’en Suisse et en Alsace-Lorraine.
D'un point de vue stylistique, cet objet composite est datable de la fin du XVIIIe siècle ou du début du XIXe, vers 1800.