Autorisation de circuler

Nevers, Nièvre, France, 
1940/27 juillet
Inv.
2003.07.004
Document d'archives
Laissez-passer
Dimensions :
H. 14,8 - L. 21,3 cm
Ecriture manuscrite à l'encre et au crayon de couleurs sur papier tapuscrit, tampon humide.
mahJ, 
don anonyme

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Description

Lettre de format rectangulaire, tapuscrite, en allemand, signée et annotée à la main et portant le texte " Die Papiere des Haymann, Georges, Marius sind von der Kommandantur geprüft. Er gilt nicht als Soldat und kann seinem bürgerlichen Beruf nachgehen. Sein Personenkraftwagen Peugeot trägt die Nr. 24247 - L.P.2."

Texte : "Les papiers de Haymann, Georges, Marius ont été examinés par la Kommandantur. Il n'est pas soldat et peut vacquer à sa profession civile. Sa voiture Peugeot porte le n° 24247 - L.P. 2".

Entrepreneur de travaux publiques, Georges Haymann, venait d'une famille israélite d'Alsace-Lorraine, profondément républicaine, et laïque. Après avoir combattu lors de l'invasion allemande, M. Haymann retourna à Nevers où les allemands exigèrent de lui qu'il reste afin de travailler à reconstruire des ponts et passerelles sur la Loire qui avaient été détruites dans les bombardements. Ils lui fournirent un laissez-passer stipulant la marque de son véhicule. Afin de le garder, les Allemands lui donnèrent le titre d'Aryen d'honneur". Mais en 1942, G. Haymann, qui était aussi résistant, comprit qu'il lui fallait entrer dans la clandestinité. Son appartement fut alors confisqué par le capitaine Heyer de la Feldkommandantur qui écrivit au maire de Nevers afin de l'aviser de la confiscation de l'appartement. Madame Haymann, qui allaitait encore le dernier-né des enfants, François, fut convoquée à la Feldkommandantur par Heyer qui voulait savoir où était son époux et si elle était juive. Elle put cependant rentrer chez elle et prit alors la route avec ses trois enfants pour aller se réfugier près de Bourbon l'Archambault, non loin de l'endroit où des membres de la famille de Jeanclos (Yankelevitch) furent jetés dans un des trois puits de forage de Saint-Amant . Gérard Haymann ne put échapper au sort de ses camarades de classe juifs que grâce à l'intuition de son père qui le retira à temps de l'école. Le correspondant de Gérard Haymann, le colonel Bernheim, ancien bras droit de Philippe Pétain, refusa de les suivre, convaincu que ses mérites de soldat français le protégeaient. Il fut, lui aussi, jeté dans un des puits. Quelques photographies de la cérémonie d'inauguration du monument de Saint-Amant en 1994, ainsi qu'un résumé de l'histoire familiale sont jointes au dossier.

Historique
Appartenait au père du donateur.