Acte II, Le Bébé. Paris, Saint Martin

NEDJAR, Michel
, Soisy-sous-Montmorency (Val d'Oise), 1947
Paris, France, 
2005
Inv.
2014.10.084
Sculpture
Dimensions :
61 x 26 x 27 cm
Tissus, colle, teinture, paille
mahJ, 
don de Michel Nedjar

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Description

Poupée de couleur rose.

Michel Nedjar est un artiste qui fut longtemps assimilé à l’art brut (à la diffusion duquel d’ailleurs il a contribué puisqu’il fut à l’origine de l’Aracine dont la collection est intégrée au LAM de Villeneuve d’Ascq) ; petit-fils d’une chiffonnière des puces, fils d’un tailleur, il fut lui-même apprenti dans un atelier.

Enfant, il fabriquait compulsivement des poupées avec ce qui restait des poupées de ses sœurs et les enterrait. La découverte de Nuit et Brouillard d’Alain Resnais sonne le glas de l’enfance. Il s’identifie aux corps des victimes ; ses premières poupées, faites de tissus trouvés dans des poubelles, qu’il plongeait dans l’eau, la boue, agissent comme des rituels de renaissance.

La très importante donation qu’il fait au Mahj aujourd’hui est l’aboutissement de longues années d’échange qui ont débuté en 2004 lors d’un colloque sur le schmattes (tissu de rebut), à laquelle a succédé, en 2005, la commande d’un théâtre de marionnettes intitulé Poupées Pourim qui a inauguré une nouvelle phase dans son œuvre. La découverte du sens profond de la fête de Pourim, qui célèbre, par l’inversion, la transgression, le sauvetage des Juifs d’une extermination programmée, a été déterminante et a donné naissance à une famille de poupées moins tragiques, à une sorte de carnaval. Poupées Pourim, entré dans la collection du Mahj, a fait l’objet d’une publication, en 2008, aux éditions Gallimard.

Michel Nedjar a choisi des œuvres résumant au mieux son parcours artistique : un nombre important d’œuvres graphiques, sur des supports de récupération, des poupées constituées de tissus trouvés dans des poubelles, celles qu’il a réalisées, en tant qu’éléments scénographiques de la pièce Meurtres de Hanokh Levin, des « poupées-journaux », construites à partir d’éléments collectés lors de ses voyages.

Certaines de ses œuvres sont conservées au Centre Pompidou (donation Cordier) et au Musée de l’Ermitage à Lausanne (donation Dubuffet). Là encore, le MAHJ deviendra un des centres de référence, avec sans doute le LAM, de l’œuvre de cet artiste tout à la fois marginal et reconnu.