8ème Ordonnance concernant les mesures contre les juifs du 28 mai 1942

Nevers, Nièvre, France, 
1942/28 mai
Inv.
2003.07.005
Document d'archives
Imprimé
Dimensions :
H. 27,1 - L. 21 cm
Tapuscrit à l'encre noire sur papier
mahJ, 
don anonyme

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Description

Feuille de format rectangulaire, dont le recto porte un texte tapuscrit rédigé en français " 8ème ordonnance concernant les mesures contre les juifs du 28 mai 1942". Article 1er - Insigne des Juifs... ; Article 2 - Pénalités ... ; Article 3 - Mise en vigueur... le 7 juin 1942"

Trois articles de l'ordonnance sur le port de l'étoile jaune. Entrepreneur de travaux publiques, Georges Haymann, venait d'une famille israélite d'Alsace-Lorraine, profondément républicaine, et laïque. Après avoir combattu lors de l'invasion allemande, M. Haymann retourna à Nevers où les allemands exigèrent de lui qu'il reste afin de travailler à reconstruire des ponts et passerelles sur la Loire qui avaient été détruits dans les bombardements. Ils lui fournirent un laissez-passer stipulant la marque de son véhicule. Afin de le garder, les Allemands lui donnèrent le titre d'Aryen d'honneur". Mais en 1942, G. Haymann, qui était aussi résistant, comprit qu'il lui fallait entrer dans la clandestinité. Son appartement fut alors confisqué par le capitaine Heyer de la Feldkommandantur qui écrivit au maire de Nevers afin de l'aviser de la confiscation de l'appartement. Madame Haymann, qui allaitait encore le dernier-né des enfants, François, fut convoquée à la Feldkommandantur par Heyer qui voulait savoir où était son époux et si elle était juive. Elle put cependant rentrer chez elle et prit alors la route avec ses trois enfants pour aller se réfugier près de Bourbon l'Archambault, non loin de l'endroit où des membres de la famille de Jeanclos (Yankelevitch) furent jetés dans un des trois puits de forage de Saint-Amant . Gérard Haymann ne put échapper au sort de ses camarades de classe juifs que grâce à l'intuition de son père qui le retira à temps de l'école. Le correspondant de Gérard Haymann, le colonel Bernheim, ancien bras droit de Philippe Pétain, refusa de les suivre, convaincu que ses mérites de soldat français le protégeaient. Il fut, lui aussi, jeté dans un des puits. Quelques photographies de la cérémonie d'inauguration du monument de Saint-Amant en 1994, ainsi qu'un résumé de l'histoire familiale sont jointes au dossier.
Historique
Appartenait au père du donateur.