2002, Téhéran. Table du Nouvel An iranien

ABENSUR, Pierre
, né en 1962 à Nice
Téhéran, Iran, 
2002
Inv.
2014.07.040
Photographie
Dimensions :
H. 30 - L. 40 cm
Épreuve au gélatino-bromure d'argent
mahJ, 
don de Pierre Abensur

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“ Je me sens iranien avant d’être Juif ” assure Farad qui résume en quelques mots la ligne politique du comité juif pour lequel il travaille parfois. Chez lui comme dans toutes les familles juives, la tradition de Norouz (Nouvel An perse) est respectée. Selon la coutume, la table basse du salon est garnie de lentilles germées, de poissons rouges et de sept objets commençant par la syllabe “ S ” parmi lesquels un chandelier en forme d’étoile de David qui rappelle la compatibilité culturelle ayant longtemps prévalu dans le pays. En cette période de fête, les messages arrivent de par le monde grâce à l’Internet qui a fait une forte percée en Iran. Par l’intermédiaire d’un cousin installé aux États-Unis, la famille reçoit les photos de proches vivant en Israël. La mère de Farad ne peut s’empêcher de pleurer en devant l’image de sa propre mère qu’elle n’a pas vue depuis trois ans. Pour Farad, pas question de partir. Entre ses études universitaires, ses reportages télévisuels au sein d’un club de jeunes journalistes et ses activités hippiques, il est plutôt heureux à Téhéran. Et puis il y a cette amie musulmane qu’il fréquente depuis plus de deux ans. “ Parfois on évoque la possibilité d’aller se marier à l’étranger, mais cela poserait des problèmes vis-à-vis de nos familles. Alors on reste comme ça… ”. Ses parents le laissent faire, ne doutant pas qu’il se décidera à épouser une femme juive un jour ou l’autre. Pour le dernier jour de Pessah, sa famille reçoit des invités qui se succèdent tout au long de la soirée. Les derniers arrivent fort tard et alcool casher aidant, la fête prend un caractère plus euphorique.