Jeune étudiant juif

PANN, Abel
, Kreslawka (Lettonie), 1883 - Jérusalem, 1963
Marseille ou Paris, 
1915
Inv.
2016.09.001
Estampe
Lithographie
Dimensions :
Feuille : H. 58 - L. 46 cm / Cadre : H. 62 - L. 50 - Ep. 2 cm
Lithographie N/B avec réhauts de pastel sur papier
mahJ

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Description

Jeune homme portant des papillotes et une toque bordée de fourrure regardant vers la gauche

Né à Dvinsk (Lettonie), fils du rabbin Nahum Fefferman et de son épouse Batya, le peintre Abel Pann (1883-1963) a étudié les Beaux-Arts en Russie et en Europe, notamment à Paris. Il se spécialise d'abord dans la peinture et le dessin d'humour, la caricature dont le le portrait-charge. Il publie dans différents journaux français dont "La Vie en culotte rouge" (1902-15), " Le Panache" (1906); "Mon Dimanche" (1907-1914); "Le Rire" (1908-11); "Le Charivari", "Tout Nouveau" (1909); "Le Courrier français" (1909-10); "La Baïonnette" (1915). Sioniste convaincu, il émigre en 1913 à Jérusalem et enseigne à l'École des Beaux Arts de Bezalel. En voyage à Paris à la veille de la guerre, il s'y retrouve bloqué dès août 1914 et ne repart pour Jérusalem qu'en 1920. Durant la guerre de 1914-1918, Abel Pann réalise des affiches populaires et des illustrations destinées à éveiller le sentiment patriotique et à renforcer le moral de la population; il exécute une série de dessins consacrés aux puissances alliées et aux atrocités subies par les populations civiles en Belgique et en France. Certaines de ces œuvres originales, pastels sur carton, se trouvent au Musée d'Israël. Abel Pann s'est aussi inquiété des événements se déroulant sur le front oriental. De décembre 1915 à la fin 1916, il exécute une impressionnante suite de cinquante dessins sur les pogromes contre les juifs polonais et russes qu'il destine à la publication. Mais l'ambassadeur russe à Paris intervient auprès du gouvernement français pour empêcher la publication. En 1917, Abel Pann part aux Etats-Unis où son œuvre connaît un énorme succès. Le journal American Jewish Chronicle lui achète 24 de ses dessins et les publie en album lithographiques sous le titre "Jug of Tears" ("Tränenkrug"; "La cruche de larmes" ). Pour lui, les juifs de la diaspora seront de toute façon les perdants de la guerre. Retourné et installé en Palestine à partir de 1920, Abel Pann enseigne à Bezalel et se lance dans la réalisation d'un cycle d'illustrations de la Bible publié au début des années 1920. Ce portrait d’un jeune homme, dont le vêtement laisse reconnaître un jeune étudiant de yeshivah (école talmudique) de tradition ashkénaze, probablement d’Europe orientale, n’est pas encore daté dans l’œuvre de Pann. Cependant c’est un des portraits les plus connus de sa production lithographique. Cette version en couleur a été réalisée par la main de l’artiste en 1915, en France, à Marseille ou à Paris. Elle montre que l’artiste se préoccupe déjà de l’image d’un judaïsme traditionnel, perdurant grâce à la transmission du savoir et à l’étude. Bien qu’on puisse y percevoir une touche d’idéalisation, la jeunesse du personnage laisse pointer l’espoir que l’artiste place dans les jeunes générations alors que, à la même période, les juifs d’Europe orientale subissent les persécutions antisémites sur le front oriental de la guerre de 1914-1918.