Haggadah shel Pessah

Livourne, Italie, 
1867
Inv.
2016.25.002
Livre imprimé
Rituel pour la veillée pascale
Haggadah, הגדה
Dimensions :
H. 21,9 - L. 17,2 - Ep. 1 cm
Impression à l'encre sur papier, gravure sur bois ou acier
mahJ, 
don de Marcel Wormser

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Description

Volume relié papier, texte en hébreu, illustrations, 42 folios

Edition :
Salomone Belforte et associés

Le texte de l’éditeur indique que les explications sont données en « langue espagnole » c’est-à-dire en ladino et donc que cette haggadah est destinée à un lectorat juif séfarade. Il insiste aussi sur la grande taille des caractères « afin que les petits puissent y lire avec les grands ». Une autre innovation signalée par l’éditeur est l’ajout du Shir ha-Shirim (Cantique des Cantiques) « ce qui n’avait jamais été fait pour une haggadah jusque alors ».
Une autre particularité de cette haggadah sont ses illustrations (les lettrines et vignettes), reprenant fidèlement les gravures sur bois de la célèbre haggadah imprimée à Venise en 1609 par Giovanni di Gara en trois versions (judéo-espagnol, judéo-italien et yiddish), reprise en 1629 avec quelques variantes par Pietro Alvise et Lorenzo Bragadin.
Destinée à la diaspora séfarade, cette Haggadah illustrée a été éditée à plusieurs à reprises à Livourne tout au long du XIXe siècle. Le musée en conserve une autre version très proche, éditée en 1882 par Israël Costa (2020.01.016)

Bien qu’elle n’ait pas été la plus importante (numériquement) de la diaspora séfarade, la communauté de Livourne occupe une place très importante dans l’histoire juive du XVIIe au XXe siècle. Les archives municipales de la ville abondent en documents qui en témoignent. À commencer par un statut quasi privilégié, puisque le 10 juin 1593, à peine 18 ans après la fondation de la ville, les juifs sont autorisés à s’y établir et à y exercer l’activité de leur choix par décret du duc Ferdinand Ier (La Livornina), ce qui démontre que leur présence est indissociable de l’essor économique que les fondateurs souhaitent amorcer. À peine quatre ans plus tard, s’élève une des plus grandes synagogues d’Italie. L’activité économique et intellectuelle de la communauté livournaise ne se limitent pas à la sphère nationale ou européenne ; elles rayonnent aussi au-delà du monde de la diaspora juive. A l’instar des familles juives de Gênes, les livournais envoyèrent nombre de leurs parents s’installer dans des comptoirs commerciaux à travers le monde. Ils sont présents dans les grandes villes portuaires du littoral nord-africain. À Tunis, ils forment un groupe singulier, attaché à la culture européenne et surtout italienne, et peu enclin à se mélanger aux autres communautés. Néanmoins, leur présence dans ces lieux, dès le XVIIe et jusqu’au début du XXIe siècle, fut particulièrement bénéfique au développement économique et aux échanges avec le monde chrétien.
En 1804, le jeune Josef Belforte (1777-1841) créa son imprimerie pour publier à ses frais un livre de Selihot (prières de contrition) en hébreu de sa composition. Il employa les services d’un rabbin typographe, Elieser Saddun. Ses éditions montrent qu’il utilisa, parmi d’autres, des types hébraïques inspirés de ceux créés par le français Guillaume Le Bé au XVIe siècle. Salomone Belforte (1804-1869) succéda à son père Josef et s’associa en 1821 avec les typographes et imprimeurs livournais Mose Isaia et Iacob Tubiana. En 1834, avec la participation financière et professionnelle des frères Moise et Israël Palagi, il créa une nouvelle maison d’édition et d’imprimerie, Belforte & C. Seule maison autorisée à ne publier que des livres dans toutes les langues juives, les éditions de Belforte comptèrent au nombre des plus populaires dans toute la diaspora juive (plus de la moitié des ouvrages en caractères hébraïques vendus) et notamment dans le monde séfarade où ils fournirent à partir de 1863 soixante-quinze pour cent du marché des livres en ladino.

Historique
Bibliothèque familiale Wormser