Cour de cassation / Le coup d'oeil de M. le Premier/ M. Manau lisant son réquisitoire

RENOUARD, Paul
, Cour Cheverny (Loir-et-Cher), 1845 - Paris, 1924
Paris, France, 
1899
Inv.
2010.16.001.27 a-b
Estampe
Lithographie
Dimensions :
Support : H. 51 - L. 35 / Lithographies : a) H. 19,8 - L. 26,5 / b) H. 21 - L. 27 cm
Lithographies sur feuille contrecollées sur feuille de papier velin; feuille transparente
mahJ

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Description

Deux portraits. En haut (a), arrière de la tête d'un homme dépassant d'un dossier de fauteuil. Il regarde vers la droite. En bas (b), parmi un public de personnes assises, un homme en robe, debout, tient une feuille.

Inscriptions
Sur le transparent: - En haut: "Cour de cassation", typographié. - "Le coup d'oeil de M. le Premier/ M. Manau lisant son réquisitoire", typographié.

Jean-Pierre Manau (1822 - 1908): Procureur général lors de la cassation du procès perdu par Zola en février 1898 et de la première cassation du jugement qui avait condamné Dreyfus, Jean-Pierre Manau était né dans le Tarn-et-Garonne, à Moissac, le 18 août 1822. Fils d'un maître verrier, ce docteur en droit est avocat et secrétaire de Ledru-Rollin au ministère de l'Intérieur après la révolution de 1848. Exilé pendant quatre ans au début du Second Empire, poursuivi en 1851 et 1858, il redevient avocat à Montauban puis à Toulouse ; il est recommandé à Gambetta après la proclamation de la IIIe République. S'il préside, à Toulouse, une commission visant à l'épuration des magistrats hostiles à la République, il s'y oppose à la Commune et y devient premier avocat général, en septembre 1870. À Paris il est juge en mars 1871, conseiller à la cour d'appel en septembre 1879, président de chambre un an plus tard. Nommé à la Cour de cassation le 6 mai 1882, il est reconnu comme un magistrat « laborieux et des plus capables ». Se présentant comme un « vieux Républicain de 1848 », il revendique la présidence d'une chambre de la Cour en février 1890 et l'obtient le 15 mars 1892. Procureur général à partir du 31 mars 1893, il obtient, le 16 décembre 1897, la réhabilitation de la mémoire de l'instituteur républicain Pierre Vaux, innocent mort à Cayenne le 13 janvier 1875. J.-P. Manau requiert ensuite dans les procès Zola et Dreyfus. À la fin de son réquisitoire pour l'écrivain, il conclut : « Tu ne suivras pas la multitude pour faire le mal, et lorsque tu te prononceras dans un procès, tu ne te détermineras point selon la multitude jusqu'à pervertir le droit ». Parce qu'il s'est refusé « à voir des vendus et des traîtres dans des hommes dont la vie tout entière s'honore d'un infatigable labeur », un député ne craint pas de le ranger, avec ses collègues Bard et Loew, dans un trio de coquins. Il reste en fonctions jusqu'à 78 ans révolus, ayant fait valoir, dix ans auparavant, qu'il n'avait pas d'autre fortune que son traitement. Procureur général honoraire le 3 octobre 1900, il se voit conférer, deux jours plus tard, la dignité de grand officier de la Légion d'honneur. Il meurt à Vernon, dans l'Eure, le 3 février 1908. Voyant en lui, « l'un des plus beaux exemples de courage civique », son successeur Manuel Baudoin salue, le 16 octobre, le fait « qu'il fut de son temps sans aveuglement, de son parti sans servilité » et « sa foi politique inébranlable ».

Le 1er mars 1899, le dossier de Dreyfus est transféré de la Chambre criminelle aux Chambres réunies. La Cour de cassation a reçu communication de l'enquête le 27 mars et ordonne une "enquête supplémentaire". L'arrêt du 3 juin 1899 annoncé par le président Mazeau de la Cour de cassation ouvrit la révision du procès d'Alfred Dreyfus en désignant le conseil de guerre de Rennes.

76 lithographies et un dessin sur l'Affaire Dreyfus, sur 51 feuilles, d'après les dessins réalisés sur le vif par l'artiste.
Paul Renouard et Louis Couturier furent parmi les artistes qui assistèrent au procès de Rennes et qui firent des dessins de nombreuses figures présentes.