Boléro

Afrique, Afrique du Nord, Maroc, 
19e siècle, 4e quart
Inv.
2015.09.001.02
Costume
Boléro
Gombaiz
Dimensions :
H. 54 – La. 79 cm (entre les deux manches)
Velours, coton, passementerie de fils dorés
mahJ, 
don des descendants de Reina Rebibo née Serfaty

Pour toute demande de reproduction veuillez contacter la photothèque.

Description

Boléro en velours vert, entièrement doublé de toile de coton blanc, ouvert devant, à manches courtes avec un grand décolleté arrondi. Le décor de galons dorés est placé autour du décolleté, aux emmanchures et sur les manches.

Ce costume d’apparat, appelé la «Grande robe », « Berberisca » ou encore « Kswa-el-kbira », est porté par les femmes juives du nord du Maroc, dans des familles d’origine espagnole. En 1391 puis en 1492 le Maroc accueille un nombre très important de juifs exilés d’Espagne, les megorashim, qui s’installent principalement dans les villes du nord. Leur costumes différent des ceux des toshavim, les juifs autochtones. Ils sont coupés et cousus dans des matières plus précieuses (le velours, la soie et le brocart et décorés de fil d’or et d’argent). Le costume est porté pour la première fois par la jeune fille le jour de son mariage puis elle le met à l’occasion des fêtes familiales ou des cérémonies religieuses. La « Grande robe » se compose de trois éléments essentiels : la jupe, zeltita, le plastron, ktef, et le boléro, gombaz. Ce costume est complété par une ceinture de soie lamée d’or, hzam, et par des manches en mousseline de soie, kmam. Pour sortir, les jours de fête, les femmes mettent sur leurs épaules un grand châle de soie entièrement brodé, appelé dans les villes du nord panwelo de manila. Si la coupe de toute les pièces du costume reste la même certains éléments, comme la couleur du velours (violet, rouge, vert, bleu nuit), les ornementations des galons et les broderies d’or, varient. Encore aujourd’hui, dans de nombreuses familles d’origine marocaine, on transmet la « grande robe » de mère en fille ou bien on la fait faire pour que les jeunes filles puissent la mettre la veille de leur mariage pour la soirée du henné.
Historique
Ce boléro a appartenu à la mère du donateur, Reina Rébibo née Serfaty (en 1911) qui l'a hérité de sa mère Moha Azncot épouse Serfaty.