Autoportrait de l'artiste dans son atelier

SLODKI, Marcel
, Lodz, 1892 - Auschwitz, 1943
Paris, France, 
Années 1920-1930
Inv.
2017.33.001
Peinture
Dimensions :
H. 50 - L. 65 cm (carton); H. 68,8 - L. 84 - Ep. 5 cm (cadre)
Huile sur carton
mahJ

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Description

Dans un intérieur, un homme assis est en train d'entoiler un châssis posé sur la tranche au sol qu'il serre entre les jambes; dans le coin supérieur gauche: une fenêtre; à sa droite, une chaise, sur le dossier de laquelle repose un vêtement; en arrière plan, une guitare et un vase avec des fleurs posés sur un meuble, un ensemble de châssis posés à champ au sol

Né à Łódź dans une famille juive aisée, laïque et libérale, il quitte la Pologne en 1910 pour étudier aux Beaux-Arts de Munich. Il effectue un premier séjour à Paris en 1913, puis quitte la France pour la Suisse en 1914. Il se lie à Tristan Tzara et participe quelques années plus tard aux premières activités du groupe Dada à Zurich. C’est notamment lui qui crée l’une des premières affiches pour les soirées du Cabaret Voltaire.
À la fin de la Première Guerre mondiale, il exerce une activité de décorateur de théâtre à Berlin. En 1923, il revient à Paris où s’ouvre une nouvelle période de sa création. Il détruit alors une grande partie de son œuvre antérieure d’inspiration cubiste, et peint de nombreux portraits, des natures mortes, des paysages.
C’est de cette époque que date ce petit autoportrait qui frappe par l’originalité de la posture de l’artiste. Celui-ci se représente en effet en train d’entoiler un châssis, dans une attitude besogneuse et concentrée, tel un ouvrier devant son établi. Le dénuement de l’atelier dénote des conditions de vie modestes de l’artiste, mais la chaleur des coloris crée une atmosphère douce.
Marcel Slodki passe la première partie de la Seconde Guerre mondiale réfugié à Brive-la-Gaillarde avec sa femme, l’artiste Macha Boulanger. En 1943, il est arrêté une première fois par les gendarmes, mais prévenu à temps, il parvient à s’enfuir avec sa femme à Chambéry puis à Bourg-Saint-Maurice. Ils y sont finalement dénoncés et arrêtés le 14 décembre 1943 par la Gestapo, et internés à Drancy. Le 17 décembre 1943, ils sont déportés par le convoi n° 63 et assassinés à Auschwitz.