Roman Vishniac De Berlin à New York, 1920-1975

17 septembre 2014 – 25 janvier 2015

Roman Vishniac
Hall de gare, Anhalter Bahnhof, près de Potsdamer Platz
Berlin, 1929 – début des années 1930
© Mara Vishniac Kohn, courtesy International Center of Photography

Roman Vishniac
Hall de gare, Anhalter Bahnhof, près de Potsdamer Platz
Berlin, 1929 – début des années 1930
© Mara Vishniac Kohn, courtesy International Center of Photography

Rassemblant environ 220 œuvres, l’exposition « Roman Vishniac. De Berlin à New York, 1920-1975 » propose une réévaluation de l’intégralité de la production du photographe, depuis ses débuts à Berlin jusqu'à l’aprèsguerre aux États-Unis.

Présentée à New York (à l’International Center of Photography) et à Amsterdam (au Joods Historisch Museum), sous le titre « Roman Vishniac Rediscovered », elle révèle plus d’une centaine d’images inédites de ce grand témoin du XXe siècle.

Plus qu’aucun autre photographe, Roman Vishniac a profondément influencé notre vision de la vie juive en Europe orientale. On lui doit le recensement photographique le plus emblématique de ce monde à la veille de son anéantissement – un ensemble exposé au Mahj en 2006 sous le titre « Un monde disparu ». Pourtant, seule une faible partie de son oeuvre a été montré ou publié de son vivant. Surtout connu pour ce poignant témoignage, Vishniac fut également un photographe inventif, aux multiples talents. L’exposition donne à voir un choix de travaux d’une extrême diversité, grâce aux recherches de Maya Benton dans le vaste fonds des archives Roman Vishniac conservées à l’International Center of Photography. « Roman Vishniac. De Berlin à New York, 1920-1975 » replace ses photographies iconiques du judaïsme est-européen au sein d’un mouvement plus large, celui de la photographie documentaire humaniste des années 1930.

Né en Russie en 1897 dans une famille juive aisée, Roman Vishniac émigre à Berlin en 1920. Il brosse un portrait alerte et malicieux de sa ville d’adoption et capte les signes précurseurs de la terreur nazie. En 1935, l’American Jewish Joint Distribution Committee, une importante organisation juive d’entraide, lui confie la mission de photographier les communautés juives misérables d'Europe orientale. En 1939, ayant rejoint ses parents réfugiés en France, il est interné au camp du Ruchard, avant de pouvoir s’embarquer pour les États-Unis en décembre 1940. À New York, Vishniac ouvre un studio de photographie, travaille comme portraitiste, documente la vie des juifs américains et celle des immigrants. En 1947, il revient en Europe et photographie les camps pour personnes déplacées, les survivants de la Shoah qui essaient de reconstruire leur vie, l’action des organisations de secours et d'émigration, ainsi que les ruines de Berlin. Après la guerre, revenant à sa formation de biologiste, il devient un pionnier dans le domaine de la photomicroscopie et de l’imagerie scientifique.

  • Conception de l‘exposition : Maya Benton, conservatrice des Archives Roman Vishniac à l’International Center of Photography, à New York
  • Commissariat de l’exposition à Paris : Paul Salmona, directeur du Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, avec la collaboration de Nicolas Feuillie et de Dorota Sniezek
  • Scénographie : Loretta Gaïtis
  • Graphisme : Bernard Lagacé