Moshe Ninio Lapse Prix Maratier 2015

du mercredi 28 septembre 2016 jusqu'au dimanche 29 janvier 2017
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Moshe Ninio Glass II, 2012
Impression jet d'encre pigmentaire, 105,5 x 72 ,5 cm
Œuvre acquise en 2013 avec le concours d’un groupe de collectionneurs et la participation du Fram-Île-de-France

Moshe Ninio Glass II, 2012
Impression jet d'encre pigmentaire, 105,5 x 72 ,5 cm
Œuvre acquise en 2013 avec le concours d’un groupe de collectionneurs et la participation du Fram-Île-de-France

Lauréat du prix Maratier 2015, Moshe Ninio, né en 1953 à Tel Aviv, occupe une place singulière au sein du paysage artistique contemporain.
Le mahJ présente deux œuvres récentes : Glass(es) (2010-2011) et Morgen (2010-2015).

Lieu 

Anciennes écuries

Exposition temporaire

Lauréat du prix Maratier 2015, Moshe Ninio, né en 1953 à Tel Aviv, occupe une place singulière au sein du paysage artistique contemporain. Il produit peu de pièces, qui sont le fruit d’une longue maturation et d’une minutieuse élaboration. Son travail tend à faire évoluer le statut de l’image vers un ailleurs, polémique ou même « spirituel ».

Le mahJ présente deux oeuvres récentes : Glass(es) (2010-2011) et Morgen (2010-2015) ; Moshe Ninio s’y livre à partir d’images existantes à une exploration « médico-légale » qui fait vaciller un objet muséal et une archive audiovisuelle du statut de « vestige » historique à celui d’abstraction inquiétante.

Glass(es) est une oeuvre conçue à partir de photographies prises depuis l’arrière de la cage de verre dans laquelle fut protégé Adolf Eichmann lors de son procès à Jérusalem en 1961 et qui est aujourd’hui exposée dans un musée en Israël. C’est une séquence ordonnée, composée de trois pièces qui sont autant d’étapes d’un processus au cours duquel des manipulations simples – duplication, superposition – font apparaître, au centre de l’image, une ombre menaçante, un fantôme.

Morgen est une vidéo projetée sur un double écran. En 1965, Esther Ofarim est la première chanteuse israélienne à se produire à la télévision allemande. Cette prestation est perçue en Israël comme une trahison. Elle chante Morgen ist alles vorüber (« Demain tout est fini »), une chanson apprise phonétiquement. Moshe Ninio pratique sur la vidéo originale deux interventions qui en renforcent la dramaturgie : il la recadre sur deux écrans verticaux, faisant passer et disparaître la chanteuse d’un côté à l’autre, mettant ainsi en scène sa « transgression », et il fait le point sur la fraction de seconde où elle peine à prononcer une syllabe allemande, accroc qui évoque l’épisode biblique où le défaut de prononciation du mot de passe shibbolet permet de distinguer les Éphraïmites et signe leur arrêt de mort.
(Juges, XII, 4-6).

Organisation
Nathalie Hazan-Brunet

Livre
L’exposition sera accompagnée d’un livre auquel ont contribué Bernard Blistène, directeur du MNAM/CCI – Centre Georges Pompidou ; Tal Sterngast, historienne et critique d’art ; Gérard Wajcman, écrivain et psychanalyste.