Hanoukkah : la fête des Lumières

4. Hanoukkah : la fête des Lumières

Hanoukkah : la fête des Lumières

Laurence Salzmann

Hanoukkah

Radauti, Roumanie, 1974-1976

Laurence Salzmann

Hanoukkah

Radauti, Roumanie, 1974-1976

La fête des Lumières, dite aussi « fête de la Reconsécration du Temple », est appelée Hanoukkah (en hébreu littéralement « inauguration »). Elle rappelle la victoire historique des Maccabées sur la dynastie hellénistique des Séleucides, rois de Syrie et de Palestine, en 165 avant notre ère. Mattathias l’Hasmonéen et ses fils conduisirent la révolte des juifs contre le roi Antiochus IV Épiphane, qui avait profané le Temple de Jérusalem ; victorieux, ils reconstruisirent un autel, un grand candélabre et plusieurs éléments du mobilier sacré. La restauration du culte juif fut célébrée par de grandes réjouissances.

La fête instituée par les rabbins du Talmud commence le 25 du mois de kislev. La tradition rapporte que Judah l’Hasmonéen ne trouva dans le Temple qu’une fiole d’huile non profanée pour allumer les lampes du grand candélabre ; cette huile brûla miraculeusement huit jours, le temps nécessaire à la fabrication de nouvelles quantités d’huile.

Durant huit jours, à la tombée de la nuit, les juifs procèdent à l’allumage des huit lumières de la lampe de Hanoukkah, en ajoutant une lumière chaque jour. La lampe doit être placée devant une fenêtre au vu de tous. Depuis le Moyen Âge, Hanoukkah est une fête très populaire agrémentée de coutumes diverses : on joue à la toupie ou aux cartes, et, dans le monde occidental, on a pris l’habitude d’offrir des cadeaux aux enfants.

Lampe de Hanoukkah
Algérie ou Tunisie, XIXe-XXe siècle

Lampe de Hanoukkah
Algérie ou Tunisie, XIXe-XXe siècle

Il existe une très grande variété de lampes de Hanoukkah ; toutes comportent huit et souvent une lumière complémentaire dite « serviteur » (shammash) qui sert à les allumer. À l’ancien type romain, lampe à huile plate à compartiments, ou lampe en terre cuite à becs multiples, succèdent, au Moyen Âge, de petites lampes en bronze à dosseret triangulaire, destinées à être accrochées à une paroi. Ce modèle se répand dans toute l’Europe et en Afrique du Nord, et connaîtra de multiples décors : fleurs, scènes bibliques, personnages mythologiques, motifs d’architecture. À partir du XVIe siècle, on les trouve dotées de quatre pieds, tandis que se développe la forme du chandelier, plus adaptée à l’usage synagogal et à l’utilisation de bougies.

Si l’on connaît plutôt les lampes faites de matériaux pérennes (argent, cuivre, bronze) et au décor élaboré, rappelons qu’elles furent la propriété des membres des classes aisées. Les juifs modestes ou pauvres se fabriquent et utilisent des contenants beaucoup plus rudimentaires (terres cuites, terre séchée, pierres creusées ou même légumes) à l’emploi éphémère qui génère par la suite un art populaire particulièrement imaginatif.