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Musée d'art et d'histoire du Judaïsme

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de septembre à décembre 2010


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Else Lasker-Schüller ©DR

Lundi 6 décembre 2010 à 20 h
Une heure avec Else Lasker-Schüler

Lecture proposée et réalisée par Raphaëlle Gitlis
D’après Le Journal de Zurich et Le Pays des Hébreux, textes inédits en français traduits par Raphaëlle Gitlis, à l’origine d’une commande de France Culture


« Cette époque sourde-muette ricane quand elle est en présence d'êtres véritablement originaux... On ne la provoquera jamais assez (l'époque) avec le personnage de Else Lasker-Schüler, la plus forte et la plus incorruptible des apparitions lyriques de l'Allemagne moderne. Je dis que certains de ses poèmes sont merveilleux, beaux comme des miracles (...) J'ai lu d'elle, dans le Sturm, des poèmes qui sont parmi les plus prenants que je connaisse. Depuis Goethe, il en est peu dont le sens, la sonorité, le langage et les idées, l'âme, soient aussi intimement liés »
Karl Kraus

Else Lasker-Schüler est née le 11 février 1869 à Wuppertal en Allemagne.
Juive allemande, fille d'un banquier et d'une mère adorée adorant Goethe. Mariée et divorcée une première fois, d'un médecin ayant pour frère le champion du monde d'échecs de l'époque, elle avait donné naissance à un fils de père inconnu. Paul était aussi le nom de son frère tant regretté, celui qui avait juste eu le temps, avant de mourir jeune, de lui inoculer la passion de la figure de Joseph- figure biblique à laquelle elle s'identifiera, du nom duquel elle signera ses lettres et ses écrits ("Prinz Jussuf") et dont elle portera le costume imaginé, dans la vie comme sur scène au cours de soirées de lectures-happening performance poétiques dans les cafés littéraires de Berlin. Elle fut ensuite mariée puis divorcée une seconde fois, à un musicien qu'elle n'appela plus désormais Georg Levin, mais Herwath Walden, le directeur du "Sturm", la revue où toute une génération de créateurs exprimait ses espoirs et ses innovations, ses rébellions: Martin Buber, Kokoschka, Adolf Loos, Franz Werfel, Kandinsky, Chagall, Georg Trackl, Gottfied Benn, Georg Grosz, Murnau... qui, dans les poèmes d'Else devenaient: Giselheer, Senna Hoy, le Cavalier Bleu, Bas-de-Cuir, la Vénus de Siam, Prince Tristan, Tyll Eulenspiegel, le Chevalier d'Or, Prince des Forêts, le Prince de Prague, le Dalaï-Lama... Après son divorce, elle ne vécut plus que dans des chambres d'hôtel, vivant de sa plume, c'est-à-dire maigrement, bénéficiant parfois du soutien d'admirateurs fortunés- Ludwig Wittgenstein par exemple, réglait sans qu’elle ne l’ait jamais su, les notes de la pension où son fils soignait la tuberculose dont il mourrait pourtant.

En 1932, Else Lasker-Schüler reçoit le prestigieux prix Kleist pour l'ensemble de son œuvre. En 1933, le 30 janvier, Hitler est élu chancelier. Une bande de SA frappe en pleine rue, cette «juive pornographique ». Le 19 avril, à 64 ans, elle fuit l'Allemagne nazie. Elle s'installe à Zürich en Suisse et donne des lectures publiques de ses œuvres. En mai 1934, l'ensemble de son œuvre se trouve sur la liste de la police politique bavaroise qui entreprend à l'échelle nationale, une "épuration du marché littéraire de toute production anti-allemande". En 1939, elle quitte la Suisse après cinq ans, n'ayant jamais obtenu l'indispensable permis de travail, vers ce qui était alors la Palestine- pays où elle avait déjà fait deux séjours, lors de tournées avec des lectures de ses œuvres. Et c'est là qu'elle passa les dernières années de sa vie, qui s'est arrêtée à Jérusalem, le 22 janvier 1945.

Entre sa naissance et sa mort, elle eut une longue vie de poésie et de bohème.
Elle fut une inspiratrice et une révélatrice de talents de son vivant et a continué de l'être ensuite : Elfriede Jelinek, en recevant le prix Nobel de Littérature a tenu à dire le modèle qu'elle avait été pour elle.
Et Else Lasker-Schüler, quel portrait a-t-elle tiré d'elle-même ? : "J'ai beau être venue au monde à Elberfeld en Rhénanie, je suis née à Thèbes (Egypte). Je suis allée à l'école jusqu'à onze ans, je suis devenue Robinson et, depuis, je vivote".

Les extraits du Journal de Zurich et du Pays des Hébreux qui composent cette « heure avec Else Lasker-Schüler » sont inédits en français à ce jour et ont été traduits par Raphaëlle Gitlis.

Formée à l’École du Théâtre national de Strasbourg, Raphaëlle Gitlis est comédienne. Elle a travaillé, entre autres, avec les metteurs en scène Édith Scob, Jean-Marie Villégier, Jean-Claude Penchenat, Gilberte Tsaï, Daniel Jeanneteau, Adel Hakim, Lukas Hemleb.
Elle a développé un projet en plusieurs volets sur le thème du "rêve" et adapté des textes d'auteurs qui ont un rapport avoués avec le rêve. et
Elle est lauréate 2010 de la Villa Médicis hors les murs, pour Rêves/Else Lasker-Schüler/Israël.


France Culture Lecture coproduite et enregistrée par France Culture dans une réalisation de Jean-Claude Loiseau.

Diffusion janvier 2011




Tarifs
Réservation indispensable par mél
reservations@mahj.org

ou par téléphone au 01 53 01 86 48
du lundi au vendredi
de 14 h à 17 h 30

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