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Musée d'art et d'histoire du Judaïsme

Retour Cinéma Le cinéma de Walter Benjamin

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Carte Amis du Mahj tarif Programme Télécharger le programme
Le cinéma de Walter Benjamin

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Autour de l'exposition Walter Benjamin Archives

Dimanche 15 et lundi 16 janvier 2012

Walter Benjamin n’était pas cinéphile, mais par son regard critique et sensible posé sur la création cinématographique de son temps, il a su déceler des bouleversements majeurs dans notre rapport collectif à l’image. Qu’il atteste d’une déshumanisation accélérée sous l’emprise de la technique ou nourrisse au contraire l’espoir d’une émancipation révolutionnaire possible, le cinéma de Walter Benjamin est avant tout politique.

Vus et commentés pour la plupart, proches de ses recherches les plus essentielles pour d’autres, de Paris, capitale du XIXe siècle aux thèses sur le concept d’histoire, les films réunis pour cette programmation sont aussi ceux de l’amateur séduit par les formes ludiques et divertissantes d’une industrie conquérante.
De Disney à Cukor, de Chaplin à Ivens, d’Alice au pays des merveilles aux Trois chants sur Lénine, les tensions familières de la pensée benjaminienne se laissent ici voir à l’œuvre sous une forme inédite, champs de forces ouverts au mouvement, au jeu des contraires, disparates conjugués.

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flecheDimanche 15 janvier 2012

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Le Paris de Walter Benjamin
(autour de Paris, capitale du XIXe siècle)
11 h

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Rien que les heures de Alberto Cavalcanti

Extrait de Rien que les heures
D'Alberto Cavalcanti©DR

Rien que les heures
D'Alberto Cavalcanti
France, 1926, noir et blanc, muet, 47 min, Beta SP

Le premier film du cinéaste brésilien d’avant-garde, maniant surimpressions et cadrages en oblique, explore différentes facettes de la capitale, des quartiers populaires aux bas-fonds, au cours d’une journée. Avant Berlin, symphonie d’une grande ville de W. Ruttmann (1927) et L’homme à la caméra de D. Vertov (1929), Cavalcanti inaugure avec ce film le documentaire urbain.

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Paris-Express ou Souvenirs de Paris de Marcel Duhamel, Pierre et Jacques Prévert

Extrait de Paris-Express ou Souvenirs de Paris
De Marcel Duhamel, Pierre et Jacques Préverti ©DR

Paris-Express ou Souvenirs de Paris
De Marcel Duhamel, Pierre et Jacques Prévert
France, 1928, noir et blanc, muet, 39 min, DVD

La caméra se promène librement dans les rues de Paris, à la recherche des femmes qui les parcourent. On y aperçoit les réalisateurs et leur famille, Joseph Kessel ou Kiki de Montparnasse.
Parmi les opérateurs de ces images, Man Ray et Jacques-André Boiffard.

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La zone. Au pays des chiffonnierss de Georges Lacombe

Extrait de La zone. Au pays des chiffonniers
De Georges Lacombe ©DR

La zone. Au pays des chiffonniers
De Georges Lacombe
France, 1928, noir et blanc, muet, 36 min, DVD

Un essai en forme de critique sociale sur le travail et le périple quotidien des chiffonniers vivant près des anciennes « fortifs ». La récupération des déchets et le marché aux puces de Clignancourt y sont particulièrement impressionnants.

Walter Benjamin ne mentionne aucun de ces films, mais par leurs sujets comme par leurs dates de réalisation (on sait que Walter Benjamin amorce son immense travail consacré à Paris, capitale du XIXe siècle en 1927), ils témoignent du Paris vécu de Walter Benjamin comme de l’imaginaire attaché à cette ville pour laquelle il ne cessera de se passionner. À leur manière, ces trois essais cinématographiques répondent à un fragment du Passagenwerk : « Ne tirerait-on pas un film passionnant du plan de Paris ? Du développement de ses différentes figures dans une succession temporelle ? De la condensation d’un mouvement séculaire embrassant des rues, des boulevards, des passages, des places [...] ? Et que fait d’autre le flâneur ? »
(Paris, capitale du XIXe siècle)


Séance présentée par Florent Perrier, conseiller scientifique auprès du Mahj pour l’exposition Walter Benjamin Archives

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Walter Benjamin va au cinéma
14 h

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Alice in Wonderland de Norman Mc Leod

Extrait de Alice in Wonderland
De Norman Mc Leod©DR

Alice in Wonderland
De Norman Mc Leod
USA, 1933, noir et blanc, 90 min, VOSTF, DVD

Dans l’Angleterre victorienne, une jeune fille qui s’ennuie rêve qu’elle découvre le pays des merveilles, un monde fantastique peuplé de personnages étranges, où rien ne marche normalement.

« Pour commencer comme l’alphabet : je connais bien sûr Alice au pays des merveilles ; c’est même le seul livre dont j’ai lu quelques pages en anglais. Car c’est avec lui qu’ont eu lieu mes tentatives malheureuses pour apprendre cette langue. Il y a deux ans, je l’ai lu en allemand (ou en français) puis j’en ai profité pour voir un film tiré du livre et dont je t’ai sûrement déjà parlé. C’est une chose extraordinaire et elle jouit bien entendu d’une grande estime auprès des surréalistes. »
(Gretel Adorno -Walter Benjamin. Correspondance)


Présentation à confirmer

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16 h

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Mickey Mouse de Walt Disney

Extrait de Mickey Mouse
De Walt Disney©DR

Mickey Mouse
De Walt Disney
Sélection de films réalisés avant 1932, USA, 35 mm

« Le parcours que vous impose une démarche administrative a beaucoup plus de ressemblances avec l’un de ceux qu’accomplit Mickey qu’avec celui du coureur de marathon.
Dans ces films, l’humanité se prépare à survivre à la civilisation. Mickey montre que la créature peut encore subsister, quand bien même elle s’est dépouillée de toute ressemblance avec l’être humain. Il brise cette hiérarchie des créatures conçues en fonction de l’être humain. Ces films désavouent, plus radicalement que jamais auparavant, toute expérience. Il ne vaut pas la peine de faire des expériences dans un tel monde. »
(« Sur Mickey », dans Fragments philosophiques, politiques, critiques, littéraires)

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L’Opinion publique de Charlie Chaplin

Extrait de L’Opinion publique
De Charlie Chaplin©DR

L’Opinion publique
De Charlie Chaplin
USA, 1923, noir et blanc, muet, 78 min, 35 mm

Marie Saint Clair pense avoir été abandonnée par son fiancé à cause d’un rendez vous manqué.
Un an plus tard, Jean retrouve par hasard celle qu’il a follement aimée. Entre temps, elle a fait la conquête du Paris chic et est courtisée par le riche Pierre Revel...
Parmi les acteurs, Adolphe Menjou, particulièrement admiré de Walter Benjamin au point, rapporte Gershom Scholem, qu’il « voyait systématiquement tous les films où se produisait
celui-ci. »
(Histoire d’une amitié)

Walter Benjamin ne mentionne aucun de ces films, mais par leurs sujets comme par leurs dates de réalisation (on sait que Walter Benjamin amorce son immense travail consacré à Paris, capitale du XIXe siècle en 1927), ils témoignent du Paris vécu de Walter Benjamin comme de l’imaginaire attaché à cette ville pour laquelle il ne cessera de se passionner. À leur manière, ces trois essais cinématographiques répondent à un fragment du Passagenwerk : « Ne tirerait-on pas un film passionnant du plan de Paris ? Du développement de ses différentes figures dans une succession temporelle ? De la condensation d’un mouvement séculaire embrassant des rues, des boulevards, des passages, des places [...] ? Et que fait d’autre le flâneur ? »
(Paris, capitale du XIXe siècle)


Séance présentée par Marc Berdet, chercheur associé à l’université de Potsdam et à l’université de Paris 1. Après une thèse consacrée à Walter Benjamin, il publiera Fantasmagories du capital, (éd. La Découverte) et Comprendre Walter Benjamin (éd. Armand Colin).

18 h 30

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Dinner at eight de George Cukor

Extrait de Dinner at eight
De George Cukor©DR

Dinner at eight
De George Cukor
USA, 1933, 111min, VOSTF, DVD

Au comble de la grande dépression, un industriel au bord de la faillite organise un dîner mondain à Park avenue, et y invite toute une galerie de personnages pittoresques : homme d’affaires arriviste, ex-grande dame de théâtre, médecin cossu et coureur de jupons, acteur alcoolique sur le retour...

Gretel Adorno : « As-tu vu les derniers films américains ? Nous sommes étonnés et transportés par cette remarquable nouvelle réalisation : Freitag Abend um acht (Vendredi soir vers huit heures) et par le rêve dansé qu’elle contient. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur ce film, on a presque l’impression que le cinéma veut encore se convertir à l’art. » –Walter Benjamin : « Le film américain dont tu parles semble être Dinner at Eight. J’ai assisté à sa projection il y a quelques mois avec beaucoup de plaisir. »
(Gretel Adorno –Walter Benjamin. Correspondance)


Séance présentée par Patrick Brion, historien du cinéma

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21 h

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The Old Dark House de James Whale

Extrait de The Old Dark House
De James Whale©DR

The Old Dark House
De James Whale
USA, 1932, noir et blanc, 71 min,
VO anglaise non sous-titrée, DVD


Par une terrible nuit de tempête, trois amis voyageant en automobile se perdent dans une région isolée du Pays de Galles. Surpris par un déluge, ils se réfugient dans une maison dont les occupants se révèlent effrayants.

« J’ai lu Ronsard pour la première fois et j’y ai trouvé l’épigraphe du Baudelaire. J’ai lu en traduction Benighted de Priestley. C’est d’après ce livre qu’on a tourné l’un des films les plus mémorables, The Old Dark House. S’il est programmé dans une quelconque rétrospective, ne le ratez à aucun prix. »
(Gretel Adorno -Walter Benjamin. Correspondance)


Séance présentée par Patrick Brion, historien du cinéma

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flecheLundi 16 janvier 2012

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Walter Benjamin et Bertolt Brecht
18 h

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L’idée de Berthold Bartosch

Extrait de L’idée
De Berthold Bartosch©DR

L’idée
De Berthold Bartosch
France, 1930-1932, 30 min, 16 mm, musique de Arthur Honegger

Avec près de 45 000 photogrammes animés simultanément sur quatre niveaux, le seul film préservé de Bartosch, fabriqué entièrement de ses mains à Paris en 1932, raconte son espoir en un futur meilleur.

Cher Brecht, vous êtes bien arrivé, j’espère, et sans mal de mer. [...] j’ai vu hier le film de Bartocz. [...] Avec mon salut cordial. Votre Walter Benjamin »
(Essais sur Brecht)

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Kuhle Wampe de Slatan Dudow - Bertolt Brecht

Extrait de Kuhle Wampe
De Slatan Dudow - Bertolt Brecht©DR

Kuhle Wampe
De Slatan Dudow - Bertolt Brecht
Allemagne, 1932, 68 min, VOSTF, 16 mm

En 1931, comme l’ensemble de la société allemande, une famille berlinoise subit de plein fouet la crise économique. Le fils, sans travail, se suicide. Expulsée pour non-paiement de loyers, la famille se réfugie dans un camp de toile géré par une association ouvrière, Kuhle Wampe.

Le film n’est pas cité par Walter Benjamin, mais il est fort probable qu’il ait assisté à sa projection. Outre ses échanges très nombreux avec Bertolt Brecht, le nom de Slatan Dudow (1903-1963), réfugié en exil à Paris et dont le nom figure dans le carnet d’adresses parisien de Walter Benjamin, revient à plusieurs reprises dans sa correspondance : « Je ne vois guère de monde [...]. Ainsi je n’ai même pas vu Dudow depuis longtemps ; mais Kracauer m’a dit hier qu’il n’allait pas bien. »
(Correspondance 1929-1940)


Séance présentée par Marianne Dautrey, critique et traductrice de l’allemand. Elle a publié dernièrement « Les scintillations d’une pensée. Walter Benjamin, un auteur de revues », dans la Revue des revues, en 2011.

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Cinéma et politique : les années trente
(autour de L'œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique)
20 h

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Borinage
De Joris Ivens - Henri Storck
Belgique, 1933, noir et blanc, muet, 34 min, DVD

À la suite d’une longue grève en 1933 dans les charbonnages du Borinage, les mineurs, réduits au chômage et à la misère, organisent une manifestation.



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Études de mouvement
De Joris Ivens
France, 1928, noir et blanc, muet, 4 min, DVD

Les Études de mouvement sont le fruit d’expérimentations avec la caméra tournées par Joris Ivens lors d’un voyage à Paris en 1928.


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Trois Chants sur Lénine de Dziga Vertov

Extrait de Trois Chants sur Lénine
De Dziga Vertov©DR

Trois Chants sur Lénine
De Dziga Vertov
Union soviétique, 1934, noir et blanc, sonore,
60 min, 35 mm


Pour ce film célébrant les dix ans de la mort de Lénine, Vertov a tourné à travers tout le pays, jusqu’en Asie centrale, réunissant et montant témoignages populaires et images d’archives.


«Grâce aux actualités filmées, n’importe quel passant a sa chance de devenir figurant dans un film. Il se peut même qu’il figure ainsi dans une œuvre d’art – qu’on songe aux Trois Chants sur Lénine de Dziga Vertov ou au Borinage de Joris Ivens. Chacun aujourd’hui peut légitimement revendiquer d’être filmé. »
(L'œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique – version de 1939)


Séance présentée par Patrick de Haas, maître de conférences en histoire de l’art à l’université de Paris 1

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© Musée d'art et d'histoire du Judaïsme