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Musée d'art et d'histoire du Judaïsme

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2013
 
Maryan (1927-1977)
La ménagerie humaine


6 novembre 2013 - 9 février 2014

Maryan (1927-1977)<br>La ménagerie humaine

Maryan, Personnage (détail), 1962
Huile sur toile.
Collection particulière, courtesy Michel Soskine Inc., Madrid-New York. © DR

Peuplée de juges, de gardiens de camps, de clowns, d’inquisiteurs, de bourreaux, d’imbéciles – une humanité avilie ou terrorisée –, l’œuvre de Maryan (Pinchas Burstein, 1927-1977) est puissante, tragique, grinçante, inclassable.

Né en Pologne, à Nowy Sacz, en 192, Maryan passe son adolescence dans des ghettos, des camps de travail, des camps de concentration. Seul survivant de sa famille, il part en 1947 pour la Palestine et entre à l’école d’art Bezalel à Jérusalem, où il expose pour la première fois en 1949. L’année suivante, il se rend à Paris, étudie à l’École nationale supérieure des beaux-arts, dans l’atelier de Fernand Léger, et suit des cours de lithographie.

Dès 1952, il expose à la galerie Breteau, puis, à partir de 1956, à la galerie de France, tout en participant à de nombreux salons et expositions collectives. En 1962, lassé du monde de l’art parisien, il s’installe à New York et devient citoyen américain. Il décède subitement, au Chelsea Hotel, en 1977.

Dans les années 1950, sa peinture oscille entre une figuration cubisante, graphique et narquoise et une abstraction dans laquelle on devine des corps, des visages, des formes animales.
À partir de 1960, ses personnages enfermés dans des boîtes cèdent la place à un carnaval de créatures, mi-hommes mi-animaux, incarnant pouvoir, autosatisfaction, dégoût, idiotie. Si sa peinture trouve à New York un environnement artistique où se déployer, cette liberté coïncide avec une fragilité grandissante, physique et mentale, de l’artiste.

En 1971, sur les conseils de son psychanalyste, Maryan a recours au dessin pour expurger les visions qui l’obsèdent. Une année durant, il remplit à l’encre de Chine neuf carnets. Cet ensemble, sans équivalent, qu’il intitule Ecce homo sera présenté pour la première fois. Ils constituent le cœur et la trame de l’exposition. Avec un humour désespéré et ravageur, il y revient sur son enfance, sur sa traversée de la guerre, qu’il accompagne de commentaires lapidaires dans un anglais mâtiné de français, de yiddish et de polonais.

L’exposition n’est pas une rétrospective. Hormis un tableau clé de 1952, elle reprend les temps forts de l’œuvre peint et dessiné de 1960 à 1977. Elle comprend, outre les carnets de 1971 – donnés par la veuve de l’artiste au musée national d’Art moderne, Centre Pompidou en 2012 –, vingt peintures et une quarantaine de dessins regroupés par séries. Des extraits du film Ecce homo, tourné au Chelsea Hotel en 1975, seront montrés dans le parcours.

Ce projet, qui s’inscrit dans la lignée des découvertes ou redécouvertes proposées par le Mahj – celles des œuvres de Bruno Schulz, de Salomon, de Felix Nussbaum –, a bénéficié de la participation du Centre Pompidou et du Spertus Institute de Chicago, ainsi que de prêts provenant du Fonds national d’art contemporain, de galeries et de collections particulières, tant en France qu’en Europe.

Commissariat
flecheCommissaire : Nathalie Hazan-Brunet
flecheCommissaire associée : Catherine Thieck
flecheChargée de projet : Juliette Braillon

Cette exposition a bénéficié du soutien de la direction régionale des Affaires culturelles – ministère de la Culture et de la Communication, de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, de la Fondation Baumann sous l’égide de la Fondation du Judaïsme français, de l’Alliance israélite universelle, de la Fondation Rothschild - Institut Alain de Rothschild et de la Fondation Pro Mahj.

En savoir plus

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