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Musée d'art et d'histoire du Judaïsme

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Objets de culte hébraïques Objets de culte hébraïques des XVIIe et XVIIIe siècles, tels que présentés au tournant du siècle dans une vitrine du musée national du Moyen Âge, à Paris

Le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme est le successeur du musée d'Art juif de Paris, créé en 1948 par une association privée soucieuse de rendre hommage à une culture disparue dans la tourmente de la Shoah. Les premiers fonds de ce musée furent constitués par un reversement d'objets de culte effectué en 1951 par l'organisation américaine Jewish Restitution Successor Organization, chargée de la redistribution des biens culturels juifs spoliés par les nazis. Puis, à l'instigation du fondateur du musée, Léon Frenkiel, fut développé un fonds documentaire sur l'architecture des synagogues d'Europe.
Les acquisitions des premières années portèrent essentiellement sur les objets religieux européens et s'attachèrent aussi à représenter le domaine du judaïsme maghrébin. Enfin, son premier conservateur, Marie Chabchay, entreprit de bâtir une collection étroite mais rigoureuse d'oeuvres graphiques d'artistes juifs russes et allemands, auxquelles s'ajoutèrent des oeuvres d'artistes de l'école de Paris puis, dans une période plus récente, des dons divers.

L'autre fonds constitutif provient du musée national du Moyen Âge. Cette collection, qui a joué un rôle fondateur dans la reconnaissance de l'art juif, avait été réunie par Isaac Strauss, un Juif d'origine alsacienne né à Strasbourg en 1806 et émigré à Paris en 1827. Nommé par Louis-Philippe à la direction des bals de la Cour, puis directeur de la musique de l'établissement thermal de Vichy, il conserva ces charges sous le Second Empire. Sa villa de Vichy abritait un important mobilier et des oeuvres d'art. Au cours de voyages qui le conduisirent dans l'Europe entière, il fit l'acquisition de pièces de mobilier, d'objets liturgiques et de manuscrits hébraïques, constituant ainsi une collection pionnière d'une qualité exceptionnelle.

Celle-ci doit son influence décisive dans la formation d'importantes collections juives, au tournant du siècle, à sa présentation dans le cadre de l'Exposition universelle de 1878, au palais du Trocadéro ; les objets furent décrits par Georges Stenne dans un catalogue agrémenté de croquis très lisibles, qui constitue la première référence des bibliographies sur l'art juif.

Marie Chabchay Marie Chabchay
Paris, début XXe siecle
© Photo Mikhael Nappelbaum

Le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme a entrepris, depuis sa création, en 1988, d'enrichir ces fonds en privilégiant le domaine français, l'histoire des Juifs, l'art cultuel, l'ethnographie et les oeuvres des artistes juifs.

Les dépôts du musée d'Art juif et du musée national du Moyen Âge, dont proviennent également les stèles hébraïques médiévales, ont pu être complétés, grâce à ceux du musée national d'Art moderne - Centre Georges-Pompidou, du musée du Louvre, du musée d'Orsay, du musée national des Arts d'Afrique et d'Océanie, et du musée national de la Céramique de Sèvres.

La collection d'art cultuel a connu un accroissement considérable grâce aux dépôts du trésor des synagogues parisiennes par le Consistoire israélite de Paris et de la Moselle, de textiles liturgiques par le Musée juif de Prague, et d'un ensemble d'objets d'art populaire du Musée historique lorrain de Nancy.

La Fondation du judaïsme français a joint aux collections du musée plusieurs oeuvres d'art moderne et contemporain, et le musée Carnavalet a complété la collection de stèles médiévales.

 
 

© Musée d'art et d'histoire du Judaïsme